samedi 16 janvier 2010

Star Wars à Pleyel

Star Wars - Orchestre Colonne, dir: L. Petitgirard
Salle Pleyel - 10-I-2010 12h30

Les valeureux ouvreurs de Pleyel ont risqué leur vie, ce matin-là. Quatre mille spectateurs se sont répartis sur les deux concerts Star Wars donnés par l'Orchestre Colonne. Soit environ six mouflets perdus, un ouvreur presque giflé, quelques centaines de spectateurs comprimés dans le hall attendant l'ouverture de la salle, dont une bonne demi-douzaine munis de sabro-lasers.

J'oubliais.

Le concert est en placement libre: bigre, j'ai l'impression de me retrouver dans la queue de la cantine au lycée ou pire, dans le train de banlieue de Bombay. Après avoir sécurisé quelques places contiguës au premier balcon, nous attendons le début des hostilités. Le public se montre impatient: des applaudissements rythmés exigent la venue des musiciens et du chef, qui s'exécutent sans trop rechigner.

On apprend tout d'abord que la suite symphonique Star Wars est, de toute la musique composée dans la deuxième moitié du XXè siècle, le morceau le plus joué. A juste titre, comme nous l'explique Petitgirard, qui met en exergue l'extrême simplicité des thèmes composés par John Williams couplés à des rythmiques sous-jacentes étonnament efficaces et cohérentes avec le personnage ou la scène à illustrer. Petitgirard s'y connaît bien en musiques de films, et nous profitons d'autant plus de ses explications. Les musiciens, moins : en effet le chef les fait parfois jouer seuls les phrases musicales les plus importantes : les trompettistes se retrouvent ainsi à jouer tout seuls le motif pour trompette le plus connu de la galaxie, le corniste s'enfile le thème de Leïa. Un dimanche matin bien sportif, pour eux.

On décortique ensemble les thèmes les plus connus (sisisi, même moi je les sifflote par cœur) : Leïa, Luke Skywalker, l'insupportable Jar-Jar Binks (qui est pourtant doté d'une belle rythmique en Pom-taga-Pom-taga-Pom-Boum-Boum (sic)), Anakin...

Si on apprend beaucoup grâce aux explications du chef et aux exemples montrés par les musiciens, on s'amuse aussi : Laurent Petitgirard, fidèle à lui-même parsème ses discours de plaisanteries et divers jeux de mots - avant d'inviter à la baguette, un 'guest conductor' plus impliqué, dit-il, pour le thème tant attendu. A cet instant les ténèbres se font sur la scène, et Dark Vador en personne, armé d'un sabro-laser rouge, s'approche de l'estrade. Petitgirard, terrifié, lui laisse la baguette et court se réfugier chez les contrebasses.

Dark Vador dirige son thème. LE thème. Les musiciens se tiennent à carreau et ne se risquent certainement pas à louper un temps. Un Dark Vador, fasse-t'il 1m50 de haut, fait toujours son effet.

(Précisons au passage que le rapprochement Dark Vador-chef d'orchestre ne me parait pas anodin. A mon humble avis, on peut faire les parallèles suivants sans grand risque de se tromper:
- Han Solo & Chewie : cuivres ou percussioniste, peut-être (ceux au fond qui lisent le Canard Enchaîné en répèt')
- l'Empereur : le premier violon solo
- Obi-Wan Kenobi : le chef d'attaque des seconds (il est resté du bon côté de la force, lui))


Même si les ouvreurs ont l'air bien soulagés de voir cette longue matinée s'achever, le public est tellement content qu'on entend un nombre non négligeable de clients du Do-Ré-Mi -le célèbre troquet situé en face de Pleyel fredonner/siffloter des passages bien reconnaissables de Star Wars.

Si vous aviez un doute, Dark Vador est bel et bien chef d'orchestre à ses temps perdus (merci Anonyme pour le lien!)

7 Laisser un petit commentaire !:

Anonyme a dit…

Oui oui! Dark Vador est chef d'orchestre http://www.youtube.com/watch?v=SOR2VqErhNQ

Anonyme a dit…

Oui oui! Dark Vador est chef d'orchestre

Klari a dit…

Oh! c'est énorme, cette vidéo. Merci pour le lien, je l'ajoute de ce pas dans le billet !

Anonyme a dit…

;o)

Pardon, j'ai foiré le premier com avec le lien...

J'ai eu la chance de pouvoir jouer cette musique il y a quelques années. C'est vraiment pas facile rythmiquement, mais on y prend énormément de plaisir.

Klari a dit…

Pas de souci.

Ah oui !? Dans quel pupitre ?

J'ai jeté un coup d'oeil sur le matériel d'orchestre, on peut même dire que c'est rythmiquement gratiné. Je crois qu'en général les musiques de films sont musicalement très plaisir-ogènes, en particulier celles de compositeur du calibre de J. Williams.

Anonyme a dit…

Le pupitre de l'instrument le plus grave accordé en quintes...

Alors oui, c'est rythmiquement gratiné...avec du fromage fort. En concert, tu pries autant que quand tu joues du Stravinsky.

En souhaitant que Klari se plaisir-ogène à jouer ceci un jour !

Klari a dit…

Ah oui! les mini-contrebasses!

(je ne sais pas, je ne joue pas de Stravinski. Je suis déjà en mode-panique quand je vois une des fractions de soupirs peu orthodoxes ou un surnombre de trucs pointés. Alors, Stravinsky....)