vendredi 29 janvier 2010

James Ensor et la musique - Quatuor Debussy


2 Comms'
Musée d'Orsay, Auditorium - 28 janvier 2010, 20h
Quatuor Debussy & François Dumont, piano

'James Ensor et la musique'
Guillaume Lekeu, Molto Adagio & un Quatuor à cordes (pas celui annoncé dans le programme, l'autre)
César Franck : Quintette en fa mineur
Brahms : Scherzo du Quintette av. piano

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Mon collègue et moi ne savons pas vraiment quel peut bien être le lien entre James Ensor et le concert - manifestement, les musiciens du quatuor Debussy non plus, car ils invoquent des motifs plus ou moins plausibles pour avoir intégré telle ou telle œuvre au programme du concert.

Programme intéressant, car il permet de découvrir un compositeur que je ne connais absolument pas : Guillaume Lekeu, un belge que les français aiment considérer français, comme le souligne malicieusement le premier violon du quatuor. On ne peut que réprimer un frisson à l'idée que ce jeune homme est décédé à 23 ans à peine, du typhus.

Le programme a changé entre l'impression du programme-papier et le début du concert : on commence par un Molto Adagio languide, mystique et délicat à souhait. Ce morceau précède un quatuor à cordes. Mais le premier violon prend un malin plaisir à embrouiller son public: après son petit top, on ne sait plus s'il est question de jouer un quatuor inachevé, ou l'autre, l'achevé, ou si c'est l'Adagio Molto, qui en réalité, est inachevé. Qui devait d'ailleurs être joué ensuite, d'après le programme-papier.
Oh, bref.

Le quatuor joué, achevé ou non, est composé de six parties. Les mouvements agités me plaisent un tantinet moins, les mouvements lents sont très beaux, et laissent une place généreuse à de beaux solos pour le violoncelle et l'alto en particulier. C'est très beau, ni horriblement romantico-dégoulinant (on approche du XXè siècle) ni simpliste, et pourtant très accessible. J'irai ré-écouter avec joie cette pièce.

Un mini-entracte s'ensuit, avant d'enchaîner sur du Franck, un quintette avec piano, en l'occurrence. Je suis un peu inquiète, car je n'aime guère César Franck, qui me fait le même effet que Schumann : il a en commun avec ce compositeur d'étirer le temps - 10 minutes passées à en écouter en paraissent quarante. Je suis persuadée que l'enfer est peuplé de petits diablotins qui jouent sans discontinuer la sonate pour violon, accompagnés par des gobelins au piano.

Et pourtant, cette œuvre commence sous d'heureux auspices : un auditeur distrait fait sonner son téléphone, sonnerie malicieusement reprise en pizz' par le second violon, ce qui fait s'esclaffer le reste du public. Le second violon ne perdra pas sa bonne humeur, et son visage reflètera fidèlement les émotions que cette musique est censée évoquer : il affiche un grand sourire réjoui avant d'entamer de belles phrases musicales un peu grandiloquentes, il se cache derrière son pupitre, tous sourcils haussés, avant un pianissimo-surprise, et prend un air méchant avant un martelé agressif. Si je n'arrive pas à m'intéresser à la musique de Franck, je prends un plaisir sans mélange à voir l'enthousiasme avec lequel ce second violon joue sa partie, qui contraste avec les mines respectivement sereines et absorbées du violoncelliste et de l'altiste.

Et mes conclusions quant au quatuor ? Et bien, si j'avais trouvé le quatuor Gourmet enthousiasmant mais légèrement insuffisant techniquement, le quatuor Ysaye froid, je suis proprement enchantée : l'équipe est sérieuse sans se prendre au sérieux et on ressent le plaisir qu'ils prennent à jouer de la musique et à faire découvrir de nouvelles pièces au public.

Et en bis, le quatuor décide d'exaucer les souhaits du pianiste, et de joyeusement donner en bis le scherzo du quintette de Brahms. Ca donne envie de bosser son violon pour pouvoir faire un jour de la musique de chambre, tout ça...

(image chipée sur le site du quatuor Debussy, merci de votre compréhension)

2 Comms':

zvezdo at: 29 janvier 2010 à 21:54 a dit…

le point commun entre Lekeu, Franck et Ensor, c'est la belgicité, non? enfin, la non-flamantitude, quoi....

{ Klari } at: 29 janvier 2010 à 22:00 a dit…

Sherlock, vous ici ! Mais sait-on seulement si Ensor appréciait Franck et Lekeu ?

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