vendredi 18 décembre 2009

Ma liste de Noël

C'est de saison, n'est-ce-pas?

1. ceci, et pourquoi pas tous les coups de cœur du Poisson,
2. avoir un passe ad vitam aeternam pour l'Orchestre des Jeunes Simon Bolivar,
3. passer le permis double-croches cette année,
4. une boîte à violon neuve avec des fermetures éclair opérationnelles,
5. un violon neuf, aussi (vous me mettrez avec un jeu de cordes neuves, merci)
6. que minet arrête de miauler comme un désespéré quand je travaille mon biniou. c'est à cause de cette bestiole que mes chances de passer le permis double-croches (cf.supra) s'amenuisent,
7. des gentils premier-violon-solo dans tous les orchestres du monde (et la paix au Moyen-Orient, tant qu'on y est)
8. un (ou deux) chouette abonnement Pleyel pour 2010-11,
9. qu'une publication me commandite une chroniquette,
10. revoir quelque chose par McGregor, n'importe quoi, et Xavier Phillips,
11. faire de la musique de chambre,
12. quelques tickets pour tous ces fabuleux concerts de musique indienne qui nous attendent en juin 2010,
13. être débauchée par l'orchestre Simon Bolivar pour faire leur comm', apporter du café à Dudamel, lever des fonds...

Ce sera tout pour moi, merci.

14. Et de très très bonnes fêtes de fin d'année à mes 12 lecteurs !

jeudi 17 décembre 2009

2012 : nul ou génialement nul ?

2012... Assez oubliable dans l'ensemble, quelques perles toutefois :

- un méchant tremblement de terre pourchasse les gentils en limousine,
- dix minutes plus tard, un vilain volcan pourchasse les gentils dans un petit coucou à hélices,
- une petite scéance de slalom en avion (par un pilote ne sachant pas piloter) entre divers gratte-ciels qui s'effondrent,
- un encore plus méchant tremblement de terre pourchasse les gentils, qui ont au préalable troqué leur petit coucou pour un Antonov,
- si tu ne vas pas en Chine, la Chine vient à toi (pratique pour le décalage horaire)

La fin du monde vue par R. Emmerich, c'est juste un parcours de santé amélioré ?

mercredi 16 décembre 2009

Petit tour du monde musical en 3 jours

26 nov: Studio de l'Ermitage - Grand Orchestre de Tango de Juan José Mosalini

Ulzhan Baibussynova chant, dombra (Kazakhstan)
Ardak Issataeva chant, dombra (Kazakhstan)
Raushan Orozbaeva qyl-qobyz (Kazakhstan)
Byambajargal Gombodorj chant a cappella (Mongolie)
Ensemble Tengir-Too (Kirghizstan)
Nurlanbek Nyshanov direction artistique, choor, chopo-choor, guimbardes
Gulbara Baigashkaeva komuz, guimbardes
Rysbek Jumabaev récitant manaschi
Ruslan Jumabaev komuz
Kenjegul Kubatova chant, komuz

28 nov : Théâtre des Abbesses, Xavier Phillips, violoncelle

Il y a deux semaines, j'ai eu l'occasion de faire un petit tour du monde musical, sans quitter ma rive droite adorée.

Les hostilités ont commencé doucement, par un concert de tango argentin au Studio de l'Ermitage - encore qu'il me fallût braver les éléments, ce jeudi 26 novembre : le quartier de l'Ermitage subissait une drôle de mousson automnale.. Ce concert consistait en deux parties : du tango argentin mâtiné de jazz, puis le grand orchestre de tango Mosalini : deux ou trois violons, un alto, un violoncelle, trois bandonéons, un piano, et j'en oublie certainement. Je n'ai d'ailleurs toujours pas compris comment tout ces musiciens ont réussi à se tasser dans la loge, de la taille de ma salle de bains, ou sur scène. Mais ils y arrivent. Malheureusement, la fatigue et un vilain lumbago me persuadent de braver à nouveau les élèments et filer au dodo.

Le lendemain soir, m'attend un concert de musique d'Asie Centrale. Un effectif comparable à l'orchestre de tango de la veille : une vocaliste de Mongolie, trois bardes kazako-kyrgyzo-ouzbèke, dont une qui joue d'un curieux violon à deux cordes, un homme-orchestre (flûtiau, ocarina, guimbardes), un récitant, etc..
Il m'est encore difficile de rentrer dans la musique d'Asie Centrale, qui j'affectionne pourtant : les voix sont parfois rugueuses, presques éraillées, les intervalles peu confortables à l'oreille, c'est en effet une musique qui me déstabilise toujours un peu.
Mais les interprètes sont exceptionnels, et tout doucement, quand, j'ai enfin lâché prise, je commence à apprécier l'âpre poésie des mélodies chantées par nos bardes, ou l'étrange ligne mélodique des longs chants mongoliens, où la voix de la chanteuse oscille du cri au râle en passant par quelque chose qui rappelle le chant lyrique.
Je définirais cette musique comme obsédante - elle ne peut pas plaire au tout premier abord, mais il y a quelque chose dans l'implacable sens de la pulsation des musiciens, l'éternel retour des thèmes mélodiques, qui envoûte. Le duo de guimbarde en particulier, pourrait idéalement de par son pouvoir envoûtant, illustrer une scène inquiétante d'un film fantastique - j'imagine tout à fait un sorcier fou réveiller une armée de zombies sur cette musique, d'une beauté sauvage et inquiétante.
Quand à l'incroyable solo de notre violoniste - qui joue, rappelle-je, d'un infâme biniou à deux cordes que mon luthier refuserait de réparer, elle tire de son instrument des sons surnaturels, d'une richesse, d'une virtusosité inouïe - elle semble inonder l'auditorium d'harmoniques tout en continuant de produire une obsédante mélodie. Si je fermais les yeux, je me persuaderais qu'ils sont au moins cinq, chacun armés d'un violon décent auquel, on aurait, pour faire bonne mesure, ajouté quelques cordes sympathiques. Mais non, elle est seule, avec deux cordes.
(Capuçon, à côté, c'est un charlot).

D'ailleurs, en parlant de solistes français, le lendemain, c'est un petit tour par la Hongrie, avec l'incroyable Sonate de Kodály pour violoncelle par rien moins que Xavier Phillips, le plus mignon des violoncellistes avec ses grands yeux ronds de lutin.
Si la première partie est quelque peu difficile (quelques mamies retardataires occupés à retirer-remettre-retirer leur manteau, ou consulter leur programme avec moults bruissement de papiers (grrr)), cela n'empêche pas de savourer le jeu de Xavier Phillips : c'est redoutablement maîtrisé, mais ce n'est pas propret : si besoin, il n'hésite pas à faire, rugir, miauler, siffler, ou fredonner son instrument. Le son est parfois moche quand la musique l'exige, et c'est fabuleux ainsi.
Et bien évidemment, c'est d'autant plus impressionnant dans la sonate de Kodály : Kodály (vous serez bien aimables de prononcer Quo d'aille, et non Caudalie, merci) est un compositeur que je ne connais que très peu, mais que je suis toujours certaine d'apprécier - il y a quelques valeurs sûres comme ça: Bach, Bartok, Mozart*. J'y trouve de magnifiques mélodies, beaucoup de poésie mais aussi un brin de fantaisie, de joie qui, je suppose, provient de ses inspirations folkloriques. En l'occurrence, servi par un tel interprète, on ne peut qu'être transporté de joie sur son fauteuil, mamies bruyantes ou non à proximité.
Et donc, par là-même, on ne peut qu'avoir envie de repartir avec son enregistrement de cette sonate: mais les Abbesses ont sous-estimé le talent de Phillips, et le temps que je récupère mon manteau, la maigre réserve de CD s'est tarie. Quand enfin Xavier Phillips arrive dans le foyer (salué par d'enthousiastes applaudissements), il nous suggère, un peu gêné, de se le procurer à la FNAC, puis se met à dédicacer des CD pour les chanceux, des programmes pour les autres.
Je quitte les Abbesses enchantée, munie d'un programme décoré d'un adorable ".. pour un collègue aux "cordes aiguës"" et de sa gribouilliture et, en sus de la carte de membre du Phillips-fan-club, la ferme résolution d'aller dorénavant l'écouter, quoiqu'il joue.

Même du Schumann.
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* dans l'autre sens, il y a ceux que je ne peux souffrir : Schumann (manifestement, par un astucieux système de défense, je m'endors automatiquement dès les premières mesures du concerto pour violoncelle, ou je suis malade comme un chien les jours où j'ai à mon agenda un concert figurant du Schumann)

dimanche 13 décembre 2009

Zakir Hussain & Shivkumar Sharma à Pleyel

Salle Pleyel - 12-XII-09, 20h
Raag Yaman, alap, jod, jhala, rupak tal
Raag ??? puis Raag Mala,thumri, dadra tal puis teental (exemples de taal ici)

Cela faisait longtemps que j'avais marqué d'une pierre blanche ce 12 décembre 2009 : Shivkumar Sharma et Zakir Hussain, ensemble, à Pleyel ! Cette fois, je mets toutes les chances de mon côté : places réservées bien en temps et en heure, tickets en ma possession, ralliement à l'avance.

Du beau monde se dirige vers Pleyel : dans le métro, la strapontin à ma droite est occupé par un indien d'âge mûr, d'allure fort distinguée, qui lit un ouvrage en anglais traitant de la difficulté de l'interprétation des textes Palî du fait de leur dispersion. Ma foi, je ne serais guère étonnée que nous nous rendions au même endroit. A Pleyel, du beau monde nous attend : Bladsurb*, quelques représentants du corps diplomatique indien, le très talentueux violoniste du Freylekh Trio, et deux amis, dont celui qui avait bien failli causer ma mort prématurée l'année dernière.

La salle Pleyel s'est faite cosy pour l'occasion : l'arrière-scène est cachée par de grands rideaux noirs, une estrade est installée au milieu du praticable pour accueillir les solistes et leurs instruments. Au moment où les lumières s'éteignent, j'ai un instant d'appréhension : vont-ils choisir l'option Musique-Indienne-Pour-les-Nuls, comme Amjad Ali Khan, ou sera-ce débrouillez-vous-on-vous-fait-de-l'authentique-z'acez-qu'à-suivre ?

Les trois musiciens - nos deux solistes sont accompagnés du discret préposé à la tambura, prennent place. S. Sharma consacre un long moment à accorder son instrument, les notes qui s'égrènent doucement créent une atmosphère de tranquillité, et annoncent d'ores et déjà la couleur du raga choisi pour inaugurer le concert.

La première partie du concert est consacrée à un magnifique développement du raga Yaman, au santoor seul. Malgré les efforts de mon guru adoré - qui avait tenté tant bien que mal de reprendre en main mon éducation musicale, je n'étais pas à même d'apprécier leur talent, les premières fois où j'ai pu écouter S. Sharma et Z. Hussain ensemble. Aujourd'hui, un révélation : écouter un raga (bien interprété), c'est un peu assister à la création d'un monde.
Au début il n'y a rien.
Puis le soliste crée un univers modal (et vit que c'était bon).
Puis une mélodie.
Puis une pulsation.

Selon le musicien, on aimerait qu'il en finisse rapidement, ou à l'inverse que le septième jour n'arrive jamais: Shivkumar Sharma montre ici toute l'étendue de son intelligence musicale, et développe ce magnifique raga lentement, sereinement, note après note, sans esbrouffe, sans fanfreluches. Mais avec une présence, un sens de la mélodie, une capacité à commander l'attention époustouflants. Pendant la partie lente ou alap - pratiquement arythmique, il crée, lentement, imperceptiblement, la sensation d'une pulsation, qui petit à petit, se renforce jusqu'à laisser place au jod et au jhala, les parties plus 'pêchues' du développement habituel d'un raga. A la fin, un respectueux silence ponctue ce magnifique et envoûtant raga, avant de laisser place à de généreux applaudissements.

Mais j'étais aussi venue pour écouter Zakir Hussain, que j'ai déjà eu le privilège d'écouter en formation classique, en jazz, et qui à chaque fois, m'éblouit par une facette différente de son talent. Aujourd'hui, il brille par sa retenue. On me sussure que le professeur de tabla de la Cité de la Musique aime à raconter des anecdotes datant de son apprentissage en Inde: en substance, aux tablas, il est beaucoup, beaucoup, plus facile d'envoyer un ba-da-ba-boum-clipciclop-dounloung-bim-bom à toute allure que d'inventer un accompagnement dépouillé, musical et pertinent.
Pendant le thumri, Zakir Hussain frappe par sa sobriété, le dépouillement maitrisé de son jeu, et par une capacité à marquer certains temps forts.. en ne les jouant pas. Il accompagne avec une pertinence et une présence terrible son compère, sans lui voler la vedette, sans se rendre invisible non plus. Autant le thumri donne parfois lieu à une débauche de virtuosité ( ce qui parfois a son charme, certes), Hussain et Sharma privilégient la musicalité de la pièce et ne se laissent que modérément aller à l'étalage de virtuosité. Leur évidente complicité et leur écoute mutuelle (Zakir Hussain déjoue avec aisance les pièges rythmiques que lui tend avec malice Shivkumar Sharma) est unique.

Quand le concert se termine, et que les deux musiciens ont fini de se relever (ils ont beau ne pas faire leur âge, les genoux semblent engourdis après avoir passé deux bonnes heures en tailleur), leur fabuleuse performance est saluée par une standing ovation bien méritée.

Le retour à la réalité est un peu difficile : la salle Pleyel met un certain temps à se vider, quelques badauds font durer le plaisir et viennent admirer les instruments encore sur scène, applaudir Zakir Hussain quand il vient récupérer le santoor de Shivkumar Sharma. Une ouvreuse doit finalement mettre à la porte quelques irréductibles spectateurs bien décidés à rester toute la nuit..

La soirée se prolonge par un agréable débrief au désormais célèbre do-ré-mi, puis par un chaleureux anniversaire où j'ai le plaisir de rencontrer deux autres spectateurs de ce concert, et un membre de l'équipe de la future Philharmonie : hip hip hip uuh hourra ! Je vais pouvoir admirer la maquette de la Philharmonie !

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Si ce concert a été pour moi un des tous meilleurs du cru 2009 (à peu près avec le Simon Bolivar Youth Orchestra), ce n'est pas le cas pour tout le monde: le couple de spectateurs rencontrés au chaleureux anniversaire est resté sur sa faim, et ont préféré les concerts de Ravi Shankar, par exemple. Je pense que le concert de ce soir était magnifique, certes, mais un poil ardu peut-être, plus exigeant certainement vis-à-vis du spectateur que Ravi Shankar ou Amjad Ali Khan.

vendredi 11 décembre 2009

Casse-Noisette

Casse-Noisette
Répétition Générale, Opéra Bastille
10-XII-2009; 19h30
Orchestre Colonne, dir. Kevin Rhodes

La danse, j'aime bien. Pas au point de guetter les dates des ballets pour se ruer à la billetterie de longs mois avant la date de la représentation souhaitée. C'est ainsi que je profite sans vergogne de la possibilité de récupérer, de temps à autre, une invitation pour une générale : merci au Gentil-Régisseur de Colonne. Mais c'est un sport dans lequel certains excellent plus que d'autres.

En effet, une bonne demi-heure avant le lever du rideau, l'opéra Bastille est déjà plein à craquer. Idéalement, il faudrait pouvoir prendre son après-midi pour s'installer , tôt, très tôt, muni de sandwiches, de petit-beurres, et de beaucoup de lecture.

Ce n'est pas mon cas, je m'exile donc dans le recoin des places debout. D'où la visibilité est excellente, il faut le reconnaître. Et, ô joie, je n'ai pas à me tortiller dans mon siège pour apercevoir un recoin de scène, comme à l'Opéra Garnier.

Si les musiciens sont en tenue de ville pour la générale, les danseurs sont en grand costume, les décors et les costumes forcent l'admiration béate, la musique est magnifique, et il ne reste plus qu'à se rincer les yeux et les oreilles.

C'est un ballet où je me suis surprise à pousser
- des "iiiiih" de révulsion : les costumes de rat des danseurs de l'opéra sont peut-être un peu trop réaliste. Voir une bonne douzaine de rats dodus poursuivre à toutes pattes l'héroïne, Clara, est terrifiant,
- des "oooooh" attendris : les petits enfants réquisitionnés à l'Ecole de Danse sont fabuleux. Ils dansent déjà magnifiquement, mais il reste une fougue, une envie de jouer, une légère imprécision des mouvements toute juvénile qui rend leur prestation très émouvante. Il ne faut pas se leurrer, ils volent la vedette aux grands. Des hurlements admiratifs les salueront à la fin du ballet,
- des aaaaah admiratifs : je craque complètement pour les danseurs en costume de cheval à bascule. C'est à la fois drôle, joli, expressif. C'est encore plus évocateur et plus poétique qu'un Harry Potter. C'est dire.
- un eeeeh terrifié : quant un chevalier/cheval à bascule finit par régler son compte au Roi des Rats (?), le bruit du coup de fusil me fait pousser un hurlement de peur fort peu auguste,
- des .....! éblouis : les décors aussi magnifiques et féériques que le métro moscovite, la musique, archi-connue mais magnifique, les costumes.

Et parfois, je me suis retrouvée pratiquement en apnée : le danseur principal, après avoir passé le précédent quart d'heure porter de la danseuse, entame un solo éblouissant, composé essentiellement de bonds et de galipettes : on s'attendrait à ce qu'il s'envole (je suis persuadée qu'il reste au moins 2-3 secondes en l'air), et il traverse l'immense scène de Bastille en quelques bonds à peine. Prodigieux. Surhumain.
Ou encore éblouie par le couple de danseurs auquel a été confié une (trop) courte danse arabisante : la danseuse en particulier a une présence, un je-ne-sais-vraiment-pas-quoi fabuleux.
Si je devais avoir une seule critique, c'est le casting de l'héroïne, Clara : elle est d'une maigreur terrifiante, au point que je n'arrive absolument pas à me laisser envoûter par ses pas: je fixe ses genoux osseux et ses chevilles inexistantes en espérant qu'ils ne se brisent pas pendant le ballet. La cantine de Garnier est-elle vraiment aussi horrible que la rumeur le prétend ?

Les musiciens de l'orchestre Colonne, certainement mieux nourris que les danseurs (il paraîtrait que la cantine de Bastille est assez exceptionnelle) sont en grande forme et déjouent avec aisance les pièges que leur tendent les danseurs : un porté qui dure un peu plus ou moins longtemps que la partition ne le précise, par exemple.. Casse-Noisette, contrairement à tant de musiques pour ballet, est de la vraie musique, et l'orchestre semble s'en donner à cœur joie : manifestement, les enfants de l'Ecole de Danse et les musiciens sont ceux qui ont pris le plus de plaisir à être là ce soir ! A part moi, bien sûr, qui ai retrouvé l'émerveillement que la danse classique suscitait chez moi quand j'avais 5 ans..

mercredi 2 décembre 2009

le Concert de l'Orchestre du Rail

Il s'agit de l'orchestre anciennement connu sous le nom d'Orchestre National des Chemins de Fer, parfois aussi Orchestre des Cheminots. Et pourquoi pas sous le nom "L'autre Orchestre du Chantier", car on y retrouve de nombreuses têtes connues, ce qui contribue au charme du concert.

L'orchestre, sous la baguette de son nouveau chef, Jean-François Gonzales-Hamilton, a choisi un programme très divertissant, dans le meilleur sens du terme :
- Entrée de la Reine de Saba, Haendel : pour de la belle musique baroque pour cordes,
- Ouverture d'Egmont, Beethoven : pour de la musique passionnée et défoulante,
- Petite Suite, Debussy : pour le défi musical et le plaisir de jouer de la belle musique
- Force du Destin, Verdi : car ça donne tellement la pêche !
- La Bacchanale de Saint-Saens, car c'est très cinématographique,
- Pompe et Circonstance #1, Elgar : pour la micro-touche de pompier, qui au final met en valeur le reste du programme,
- Ouverture de la Vie Parisienne, Offenbach : pour finir de bonne humeur et donner matière à un bis généreux.

L'orchestre, me semble-t'il, a beaucoup progressé et grossi depuis le dernier concert auquel j'ai assisté, en mai 2009. On y trouve bien sûr quelques transfuges du Chantier, austèrement vêtus de noir et de blanc, mais souriant et peu avares de coucous entre les morceaux.

Le public est varié : on y trouve des amis, de la famille - qui vient à l'entracte jeter un œil critique sur les partitions des premiers violons, ou gérer le nettoyage de l'église (je vois du coin de l'œil un petit garçon haut comme trois pommes, qui a décidé de rassembler tous les brins de paille qu'on trouve par terre), mais aussi quelques jeunes, dont un, légèrement handicapé, qui sourira et rira de toutes ses dents pendant la plus grande partie du concert, et appréciera notamment la Bacchanale, assurant une direction d'orchestre bis, bien utile en cas de défaillance du chef attitré.

Son enthousiasme est d'ailleurs partagé par un public, acquis certes, mais très content du programme et de la qualité de l'exécution.