lundi 31 août 2009

Ganesh Chaturthi à Paris

(ou comment économiser un billet d'avion et un visa)

Samedi, une amie me rappelle in extremis l'imminence de la fête de Ganesh le lendemain. Oups-les-marguerites, j'avais oublié.

Dès les contreforts du QG indien à Paris, on distingue une joyeuse ambiance de kermesse joviale. Des dizaines de saris colorés sont suspendus au-dessus de la rue Cail, les commerçants ont décoré leur devanture de guirlandes de fleurs, et ça fleure bon l'encens, le biryani et le jasmin.

Il s'avère assez difficile de s'approcher du cortège, mais nous nous rinçons l'oeil: les Indiennes ont sorti les salwar-kamiz et les saris du dimanche, et la conversation est rythmée de "Oh, qu'elle est belle", "gnnn, ce sari", et autres remarques appréciatives.

Le paysage parisien est métamorphosé, il ne manquerait plus que quelques bâtiments néogothiques pour se croire au centre de Bombay. D'un perchoir savamment choisi, nous guettons l'arrivée du cortège : des statues d'éléphant, bien sûr, des danseurs, des musiciens, et deux chars, l'un tiré par des femmes, l'autre par des hommes. Le tout conclu par quelques camions de CRS pour faire bonne mesure. La foule est dense, certes, mais on est bien loin de l'ambiance délétère d'un premier jour de soldes ou des lancers meurtriers de feux d'artifice/fusées/pétards d'un 14 juillet. Les quelques indiens en dhoti, armés d'un simple sifflet, suffisent amplement à ramener un peu d'ordre, le temps du passage d'un char ou d'un groupe de danseurs.

Le contraste entre l'exubérance des rues du quartier indien et la douce torpeur dominicale des rues environnantes est frappante. De fait, on est un peu triste de quitter le quartier, et on se demande déjà quand aura lieu la prochaine fête..?
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de superbes photos à admirer ici, ici.
crédit photo: photo vilement chipée sur templeganesh.fr

dimanche 30 août 2009

Klari se prend pour Punjabi MC, la chroniquette.

Il fut un temps, où on entendait pratiquement que Mundian To Bach Ke à la radio, ou en soirée. Sisisi, je vous assure, vérifiez. Bref. Quelque mois plus tard, je débarque pour diverses raisons en Inde. Où on assiste également à une inondation auditive du même morceau.

Heureusement, on éclaire ma lanterne : "mais oui, c'est une chanson indienne, en punjabi" (ah bon? m'étonne-je) "et ça se danse comme ça". Sur ces paroles, mon interlocutrice se met à bondir de droite à gauche à grand renfort de moulinets de bras et de mouvements d'épaules. (Une vidéo sera plus parlante qu'une description)

Je venais enfin de découvrir cette danse hautement attachante, improbable et bonnehumeurogène qu'est le bhangra. Une demi-décennie plus tard, j'ai l'occasion de participer à un stage de bhangra à Paris, grâce à l'excellente assoce Bolly Deewani. Il s'agit d'une danse traditionnelle du Punjab, pour célébrer les moissons, mais en réalité, c'est plus compliqué: follement mâtinée de diverses influences, exportée en Grande-Bretagne, puis ré-importée. Bref, c'est indien.

Et sportif. En fait, la dernière fois que j'ai autant souffert/transpiré/cru exploser de surdose sportive, j'avais accepté l'invitation d'une amie, dûment abonnée au Club Med Gym, qui souhaitait me faire essayer une discipline appelée le body attack*. Du pipi de chat, le body-bidule, en comparaison avec le bhangra.

Fort heureusement, au lieu de pseudo-tubes à la gloire du body-sculpt/attack/pump, on a de la vraie musique, basée sur le boum-boum du dhol. Et on est prié de se concentrer, merci d'observer les changements de rythme et de compter (pfiou, on se croirait à l'orchestre). Il est en effet hors de question de faire n'importe quoi à contretemps. On bondit et on agite les bras en tout sens, certes, mais en rythme. Un rythme indien, évidemment, ne peut être simple. Attendez-vous à répéter un cycle rythmique associé à un pas 3-4 fois, puis viou ! Deux temps et demi environ plus tard, on reprend sur un autre cycle, mais pas sur le même tempo qu'au début, évidemment...

Après deux heures consacrées à l'apprentissage de pas de base, la partie difficile : apprendre puis reproduire une chrégraphie. Sommes-nous capables de mémoriser la séquence de pas (au cas où nous serions invités une soirée punjabi le week-end suivant)? La réponse est non. A l'exception d'une ou deux, qui font déjà de la danse et sont habituées à ce type de concentration. Y'a encore du travail : youpi, il y aura des stages mensuels cette année, me dit-on !

Verdict :
- excellent alibi-sport pour les patates comme moi, trop paresseuses pour chausser leurs baskets,
- danse anti-déprime, avec un effet sauna pas désagréable,
- attention toutefois à bien s'étirer (ca n'a pas été le cas, je souffre encore de courbatures dans des muscles dont j'ignorais jusqu'à l'existence).

Note : je ne compte pas essayer toutes les disciplines de danse indienne, mais il me reste encore, avant de me décider, à essayer le bharata natyam, et pourquoi pas l'odissi et le chant hindustani, il parait qu'il y a une poignée de profs à Paris !
Note 2 : si vous ne souhaitez pas rejoindre un cours, on trouve une excellente vidéo sur internet, qui après une introduction longuette (Le Punjab, alliant modernité et tradition, gnagna, son air vivifiant, ses buffles), vous explique minutieusement le concept de bhangra.

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*aussi intéressant qu'un cours de gymnastique collectif chez les Jeunesses Communistes.

jeudi 27 août 2009

Klari se prend pour Aishwarya Rai, la chroniquette

Allez, zou, c'est reparti.
Une excellente année s'annonce, bien riche en concerts et en activités diverses et variées. A ce propos, en plus de mes abonnements plus ou moins officiels à Pleyel, j'ai décidé d'arrêter de me trémousser dans mon salon en regardant des films Bollywood, et de passer à l'étape supérieure : prendre des cours.

Voici ainsi un petit compte-rendu de mon premier cours de danse Bollywood.

Devant l'école de danse,une bonne quinzaine de minutes avant le début supposé du cours, une queue de cinquante mètres. Horreur et damnation ? La moitié de Paris s'inscrirait-elle au cours de danse Bollywood ? Il s'agit en fait de la file d'attente pour un spectacle situé dans l'immeuble voisin : nous sommes un petit groupe plus réaliste d'une quinzaine de personnes. On distingue facilement les nouvelles (jogging+tee-shirt) des anciennes, élégamment vêtues de salwar kamiz, la dupatta nouée autour de la taille. En confiance, elles prennent place devant, les cancres en jogging, au fond.

Après un long échauffement, la prof (un indienne des plus gracieuses - attention pléonasme), nous apprend quelques pas de base, puis elle s'installe devant nous, et hop, c'est parti pour une successions de chorégraphies de cinq à six minutes. Les bons reproduisent l'intégralité des mouvements, les joggingées, les mouvements de pieds seulement et quelques moulinets des bras. C'est d'autant plus traitre, que la totalité du cours est sollicitée : les yeux, la tête (le fameux mouvement de droite à gauche et vice-versa), les épaules, les doigts, les poignets... Mon cortex n'est pas assez développé pour gérer autant de variables à la fois. Qu'importe, sécurisons les mouvements de pieds, le reste, on peut l'inventer au fur et à mesure si besoin.

Verdict :
- c'est un excellent défouloir, chose nécessaire en milieu de semaine.. (encore deux jours!)
- on se rince l'oreille avec des tubes intergalactiques comme Shava! Shava ! ou l'inénarrable Chayya-Chayya, reprise dans l'excellent film Inside Man avec Clive Owen, miam.
- la danse Bollywood, ca rend joyeux. On a des courbatures dans les mollets, on frôle l'évanouissement (c'est beaucoup plus sportif qu'il n'y parait), mais avec le sourire.
- on se cultive : la prof nous apprend ainsi que Fanaa passera sur Arte le lendemain soir (jeudi soir 20h45, prévoir beaucoup de pop-corn, c'est longuet)!