mercredi 20 mai 2009

Concert de printemps de l'ONCF

Mardi 19 mai - 20h30
Église Sainte Croix Des Arméniens, rue Charlot
(le programme est cher : le soliste et la pianiste resteront anonymes)

Cette église est indubitablement une salle de concert à la programmation très hétérogène : on peut y écouter des quatuors à cordes débutants, des ensembles de très haut vol, ou des orchestres amateurs. C'est le cas ce soir avec l'orchestre de l'ONCF (Orchestre National des Chemins de Fer?), auquel se sont joint de nombreux transfuges de l'Orchestre du Chantier (aussi connu sur ce blog sous le nom de Sympathique Orchestre Amateur Parisien).

Le programme est ambitieux : Ouverture de la Force de Destin, Suite de ballet- Faust de Gounod, Concerto pour piano de Grieg ainsi qu'une valse d'un élève de Dvorak,Oskar Nedbal, altiste de son état. L'orchestre et le soliste se tirent très honorablement de ce programme difficile, même si quelques petits couacs et gags propres aux orchestres amateurs se font entendre (en particulier un schisme orchestral: une faction choisissant de suivre le chef, l'autre décidant de se ranger aux côtés du pianiste rénegat, un départ solitaire de flûte etc.). Si le concerto, difficile à mettre en place, me paraît un petit peu mollichon, l'orchestre est enthousiaste et enthousiasmant sur les Gounod et le Nedbal.

Finalement, le public semble sortir enchanté du concert !

mardi 19 mai 2009

Gentil-prof à la Sainte-Chapelle

Entre un peu de Wohlfahrt et de Sevcik, Gentil-Prof me propose des places pour son prochain concert : Quatre Saisons & Co à la Sainte-Chapelle. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas mis les pieds à la Ste-Chapelle, j'accepte l'invitation avec empressement.

En effet :

- à force de n'entendre son prof jouer que pour montrer l'exemple ("vouip" : démanché de la première à la seconde position, "khrin": exemple de martelé, "k-k-k": sautillé), on finit par oublier qu'il peut jouer une bonne douzaine de notes -parfaitement justes, à la seconde dans un passage enervé d'un Vivaldi. Tout en restant musical. Ce qui fait toujours son effet.

- Vivaldi. C'est beau. Dans un cadre magnifique, c'est mieux (mention spéciale pour le mini-escalier à colimaçon qui mène au deuxième étage de la chapelle).

- Penser que certains de ces musiciens en sont à leur cinq-centième "Quatre Saisons" laisse rêveur. On ne peut qu'éprouver un respect mêlé d'étonnement à l'égard du martyre de l'altiste, condamné à jouer pratiquement éternellement (1) des parties intermédiaires (composées quasi-exclusivement de ploms et de ploums).

(1) Si Rhadamanthe et ses frangins avaient connu le principe de l'alto..

lundi 18 mai 2009

Washington Post March

Il est temps, n'est-ce-pas, de commencer à présenter lers oeuvres que le Célèbre Sympathique Orchestre Amateur Parisien interprétera lors de son concert des 12 et 13 juin.

Commençons par le bis : Washington Post March, Sousa. Sousa est à la marche ce que Strauss est à la valse. On se demande s'il savait seulement composer autre chose. Tout comme la Pump & Circonstance #5 d'Elgar, c'est un morceau où on trouve trop de tout :
- trop de cuivres,
- trop de percus et de cymbales,
- trop de cordes et de vents.

C'est ainsi que je vous propose d'écouter une version épurée, pour ukulélé solo, interprétée par le regretté John King, où ce morceau dégoulinant et kitschissime se révèle d'une rare délicatesse. Bonne écoute !

samedi 16 mai 2009

Le violon, une vocation

Les violonistes ont des gestes bien particuliers : la pose de colophane sur les brins de l'archet a à peu près la même valeur symbolique que le fartage d'une planche de surf. De surcroît, un archet non-colophané ne produit aucun son.Pas moyen de passer outre.


" Je crois que je fais une allergie à la cellophane" , me souffle ma voisine de pupitre en pleine répétition.

Acte manqué? Lapsus révélateur?

mardi 12 mai 2009

Hein ? Quoi ?

Le numéro de mesure est un moyen de communication chef-orchestre extrêmement performant, notamment pour indiquer les départs. Exemple ci-dessous :

LE CHEF:
"85 !"

L'orchestre s'exécute, hormis le pupitre de seconds violons du fond, qui regarde sa partition d'un air perdu.

SECOND VIOLON 1:
Mince, je suis paumée. On devait repartir où?

SECOND VIOLON 2:
Je ne sais pas. J'ai compris "allegro assai".

SECOND VIOLON 1:
Ah. Moi j'avais compris "on reprend à 5".

lundi 11 mai 2009

Le Chateau des Carpathes - répétition générale

Orchestre Colonne - L. Petitgirard, direction
Karen Wierzba : soprano
Sophie Pondjiclis : mezzo-soprano
Marc Haffner : ténor
Marcel Vanaud : baryton
Bernard Bloch : récitant

Un public très restreint - et de choix ! pour cette répétition générale du Chateau des Carpathes : un chef d'orchestre australien, le compositeur, Philippe Hersant, deux vidéastes, quelques enfants dans les coins. Et moi, triomphalement munie d'un badge Pleyel collector, m'autorisant à emprunter l'entrée des artistes.*

Laurent Petitgirard souhaite effectuer un filage. Raté. Finalement, la première partie de la répétition sera consacrée à régler des détails :

- demander au timbalier un "legato". Comment lie t'on des boums les uns aux autres ? En tout cas, c'est ce que Petitgirard nomme le célèbre legato des timbales.
- trouver un micro pour le narrateur. Ceci prend plus de temps que prévu, c'est ainsi que Petitgirard régale l'orchestre d'une anecdote croustillante à base de Barenboim, micros qui ne fonctionnent pas, et de eins, zwei, drei intempestifs. Je ne sais pas raconter les blagues, mais croyez-moi, c'est drôle.
- rappeler au narrateur de brancher son micro.

Finalement, on peut s'attaquer au filage, interrompu par une petite pause (qui me donne youpi l'occasion d'essayer les toilettes et les machines-à-barres-chocolatées des musiciens).

Les chanteurs sont excellents, l'orchestre bien présent, l'orchestration est magnifique, très expressive et contrairement à d'autres œuvres contemporaines, elle n'exige pas de doctorat en mathématiques pour être appréciée. Les arias sont splendides, notamment celui de la soprano, qui meurt dès la première scène, fait suffisamment rare pour être mentionné.
Petite cerise sur le gâteau, l'intrigue est bien ficelée, même s'il manque un chouya de détails sur les personnages principaux (d'où viennent-ils, où vont-ils, etc), et le style du livret est savoureux : "Orfanik, as-tu débranché la batterie du labo?".

Bref, un excellent opéra, à voir absolument ce soir (lundi 11 mai) à Pleyel, ce qui vous coûtera à peine plus cher qu'une séance de ciné.

* un gigantesque merci au régisseur de Colonne.