vendredi 11 décembre 2009

Casse-Noisette


3 Comms'
Casse-Noisette
Répétition Générale, Opéra Bastille
10-XII-2009; 19h30
Orchestre Colonne, dir. Kevin Rhodes

La danse, j'aime bien. Pas au point de guetter les dates des ballets pour se ruer à la billetterie de longs mois avant la date de la représentation souhaitée. C'est ainsi que je profite sans vergogne de la possibilité de récupérer, de temps à autre, une invitation pour une générale : merci au Gentil-Régisseur de Colonne. Mais c'est un sport dans lequel certains excellent plus que d'autres.

En effet, une bonne demi-heure avant le lever du rideau, l'opéra Bastille est déjà plein à craquer. Idéalement, il faudrait pouvoir prendre son après-midi pour s'installer , tôt, très tôt, muni de sandwiches, de petit-beurres, et de beaucoup de lecture.

Ce n'est pas mon cas, je m'exile donc dans le recoin des places debout. D'où la visibilité est excellente, il faut le reconnaître. Et, ô joie, je n'ai pas à me tortiller dans mon siège pour apercevoir un recoin de scène, comme à l'Opéra Garnier.

Si les musiciens sont en tenue de ville pour la générale, les danseurs sont en grand costume, les décors et les costumes forcent l'admiration béate, la musique est magnifique, et il ne reste plus qu'à se rincer les yeux et les oreilles.

C'est un ballet où je me suis surprise à pousser
- des "iiiiih" de révulsion : les costumes de rat des danseurs de l'opéra sont peut-être un peu trop réaliste. Voir une bonne douzaine de rats dodus poursuivre à toutes pattes l'héroïne, Clara, est terrifiant,
- des "oooooh" attendris : les petits enfants réquisitionnés à l'Ecole de Danse sont fabuleux. Ils dansent déjà magnifiquement, mais il reste une fougue, une envie de jouer, une légère imprécision des mouvements toute juvénile qui rend leur prestation très émouvante. Il ne faut pas se leurrer, ils volent la vedette aux grands. Des hurlements admiratifs les salueront à la fin du ballet,
- des aaaaah admiratifs : je craque complètement pour les danseurs en costume de cheval à bascule. C'est à la fois drôle, joli, expressif. C'est encore plus évocateur et plus poétique qu'un Harry Potter. C'est dire.
- un eeeeh terrifié : quant un chevalier/cheval à bascule finit par régler son compte au Roi des Rats (?), le bruit du coup de fusil me fait pousser un hurlement de peur fort peu auguste,
- des .....! éblouis : les décors aussi magnifiques et féériques que le métro moscovite, la musique, archi-connue mais magnifique, les costumes.

Et parfois, je me suis retrouvée pratiquement en apnée : le danseur principal, après avoir passé le précédent quart d'heure porter de la danseuse, entame un solo éblouissant, composé essentiellement de bonds et de galipettes : on s'attendrait à ce qu'il s'envole (je suis persuadée qu'il reste au moins 2-3 secondes en l'air), et il traverse l'immense scène de Bastille en quelques bonds à peine. Prodigieux. Surhumain.
Ou encore éblouie par le couple de danseurs auquel a été confié une (trop) courte danse arabisante : la danseuse en particulier a une présence, un je-ne-sais-vraiment-pas-quoi fabuleux.
Si je devais avoir une seule critique, c'est le casting de l'héroïne, Clara : elle est d'une maigreur terrifiante, au point que je n'arrive absolument pas à me laisser envoûter par ses pas: je fixe ses genoux osseux et ses chevilles inexistantes en espérant qu'ils ne se brisent pas pendant le ballet. La cantine de Garnier est-elle vraiment aussi horrible que la rumeur le prétend ?

Les musiciens de l'orchestre Colonne, certainement mieux nourris que les danseurs (il paraîtrait que la cantine de Bastille est assez exceptionnelle) sont en grande forme et déjouent avec aisance les pièges que leur tendent les danseurs : un porté qui dure un peu plus ou moins longtemps que la partition ne le précise, par exemple.. Casse-Noisette, contrairement à tant de musiques pour ballet, est de la vraie musique, et l'orchestre semble s'en donner à cœur joie : manifestement, les enfants de l'Ecole de Danse et les musiciens sont ceux qui ont pris le plus de plaisir à être là ce soir ! A part moi, bien sûr, qui ai retrouvé l'émerveillement que la danse classique suscitait chez moi quand j'avais 5 ans..

3 Comms':

{ etnobofin } at: 11 décembre 2009 à 23:17 a dit…

"il paraîtrait que la cantine de Bastille est assez exceptionnelle" hahaha - c'est dans ces petits détails que tes chroniques prennent leur vraie saveur :-)

zvezdo at: 12 décembre 2009 à 00:49 a dit…

ça alors! Klari ne pousse pas de uuuuuuuuh.

{ Klari } at: 12 décembre 2009 à 11:46 a dit…

-> Etnobofin : merci :-)

-> Zvezdo : nan. le uuuh est réservé pour les occasions exceptionnelles (Dudamel, par exemple!)

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