dimanche 8 novembre 2009

Le trio Nada Mas au 46, rue des Rigoles.


2 Comms'
Trio Nada Mas, Les Danseurs de Tango (et les photos pourries prises avec le portable)

Nous remontons la rue des Rigoles, jusqu'à un numéro 46 qui prend un malin plaisir à se dissimuler, en nous réchauffant à coup de plaisanteries rigolotes, inspirées de près ou de loin par le nom de la rue. Nous ne sommes manifestement pas les premières, puisque quelqu'un a été jusqu'à écrire un roman intitulé "Rue des Rigoles".
Bref.

Je me sens comme un grand reporter en mission : nous infiltrons le monde inconnu de ces noctambules, rares et passionnés: les danseurs de tango. Il règne une ambiance à la fois bon enfant et un peu désuète dans leur quartier général : des couples parfois improbables dansent tranquillement autour de la salle, concentrés et silencieux. Un DJ improvisé projette la barre d'outils et le fond d'écran, des photos ou les messages d'erreur de son Mac qui plante sur un écran en toile.

J'attends l'entrée du trio Nada Mas avec un jus de poire. De tous les bars de toutes les villes du monde, il a fallu qu'ils jouent dans celui qui ne sert que des jus de fruits. Les musiciens ont choisi de ne pas amplifier leur instrument, et ils ont raison, le son est plus net, plus chaleureux et moins encombré. La bandonéoniste - tellement belle que c'en est indécent, s'est équipée, outre son biniou, d'un petit chiffon blanc, qu'elle cale sous son talon, épargnant ainsi le plancher et étouffant le clac! des vigoureux coup de talon-aiguille qu'elle assène. Plus posés, l'altiste et le pianiste se contentent d'afficher des sourires lumineux lors d'un contretemps particulièrement bien contré, ou d'une syncope particulièrement syncopée. Bien qu'il s'agisse d'un ensemble tout jeune, leur programme est déjà vaste, et maîtrisé. Je ne peux qu'applaudir des deux mains au choix de l'alto à la place du violon, qui est décidément un instrument bien trop criard pour convenir à la mélancolique intériorité du tango.*

Au bout d'un demi morceau, les danseurs se décident, un à un, à occuper à nouveau la piste, autour des musiciens. L'hétérogénéité des danseurs est flagrante : de la débutante encore vacillante mais décidée au danseur aguerri et gominé, de la jeune étudiante à la femme altière à l'âge plus que mûr. Les styles diffèrent également : on peut choisir d'admirer cette femme tout en noir qui danse un tango sobre et distingué, ou de sourire aux grands ronds de jambe athlétiques de cette jeune fille peu vêtue.

Malheureusement, j'ai Pleyel le lendemain matin, tôt, et il faut se résoudre à renoncer à la deuxième partie du trio Nada Mas, et songer à acheter un appareil photo digne de ce nom - les photos de nuit au Nokia, c'est trop expérimental.

* je suis vraiment en train de passer du mauvais côté de la force..

2 Comms':

zvezdo at: 8 novembre 2009 à 23:07 a dit…

du côté sombre et chaleureux de la force, pas du côté obscur !

{ Klari } at: 9 novembre 2009 à 13:35 a dit…

il me faudrait que violalto du musée de la Cité de la Musique : un côté violon, tu le retournes, un côté alto !

(l'engin est assez moche et massif, du coup)

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