lundi 26 octobre 2009

Amjad Ali Khan au Théâtre de la Ville


4 Comms'
Théâtre de la Ville - lundi 26 octobre 2009 20h30
Amjad Ali Khan, sarod - accompagné d'une tabla et une tambura
Oeuvres : deux compositions non-identifiés - Rag Darbari (alap) - Rag Bahar (tarana) -Rag Miyan-ki-Malhar (drut) R. Tagore (un chant écrit et composé par Rabindranath Tagore)

Quand Amjad Ali Khan passe à Paris, la question ne se pose même pas: on lâche tout, on se procure des billets, on annule toute éventuelle obligation et on se prépare à savourer le son métallique mais si velouté de son instrument.

Les scènes parisiennes semblent lui porter poisse: l'année dernière, il avait longuement du chercher - tout en jouant, sans louper un temps, son plectre, égaré dans les plis de sa kurta. Aujourd'hui, c'est une corde qui casse, avec un tzouing sonore. On aura ainsi droit au changement de corde en direct, et au crouics amplifiés des chevilles de l'instrument.

Il nous a concocté un programme spécial béotien* (en effet, certains des spectateurs confondent sarod, guitares et tamburas): la partie introductive, l'alap, qui présente les notes du raga est réduite à la portion congrue, et il attaque très vite les séquences rapides, plus rythmiques et plus immédiatement virtuoses.

A vrai dire, je suis globalement un peu déçue, étant encore éblouie par son concert de l'automne dernier à la Nuit Indienne de la Cité de la Musique**. Mais quelques instants de pure poésie, un long glissando décidé, à la fois surprenant et évident, qui semble conclure un cheminement musical me coupent le souffle.

Sa musicalité, sa décision, sa présence, son sens inné de la pulsation (bon sang, comment peut-on retomber sur ses pattes après ses sauts périlleux musicaux?) sont sidérants. Ainsi que son sens du meend - le fameux glissando. Quand j'ai commencé à écouter de la musique indienne, mon mentor en la matière m'expliqua que le meend est le nec plus ultra de la musique indienne.
Ah.
Mais Amjad Ali Khan est un de ceux qui peut le mieux faire apprécier ce concept : partant d'une note jouant un rôle prédéfini dans le raga, il sait si bien doser les accélérations et les ralentissements dans ses glissandi pour vous amèner de manière plus ou moins détournée à la note suivante, tout en explorant ces mystérieux espaces entre les notes (c'est très déroutant, pour une oreille occidentale).

Mais j'arrête de vous emberlificoter avec des théories fumeuses : écoutez-le plutôt développer si paisiblement (alap) le raga Bhimpalasi ici. - et prêtez une oreille attentive à ces choses entre les notes et à la manière dont, imperceptiblement, un mode, une mélodie puis un rythme s'installent.

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* de fait, c'est une remarque que je ferais en général à la programmation musique du monde du Théâtre de la Ville, moins pointue que la Cité de la Musique - mais les deux se complètent très bien, ceci dit.
** cette nuit indienne fait partie de cette catégorie de concerts si fabuleux qu'ils en gâcheraient presque tous ceux qui leur succèdent... !

4 Comms':

{ Djac Baweur } at: 27 octobre 2009 à 17:43 a dit…

Tambura ou tampura ?
On trouve les deux, chais pas si les deux sont corrects ou pas.

{ klari } at: 27 octobre 2009 à 18:19 a dit…

euh. moi non plus. de toute façon, c'est compliqué la musique indienne.

{ Joël } at: 28 octobre 2009 à 02:20 a dit…

J'ai réussi à rater ce concert.
J'ai aussi vu pas mal d'orthographes différentes pour « tanpura » ; peu importe, du moment qu'il n'est pas remplacé par un truc électronique (cela dit, les joueurs de cet instrument ont souvent l'air de s'ennuyer sévèrement !).

{ klari } at: 28 octobre 2009 à 17:44 a dit…

Oui, c'est un instrument qui requiert beaucoup de stoïcisme...!

(j'ai déjà eu affaire à une tabla électronique, c'est très rigolo)

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