lundi 21 septembre 2009

un Concert Superbement Ovationné à Pleyel


4 Comms'
Chicago Symphony Orchestra, Bernard Haitink
Mozart, Symphonie 41
Brahms, Symphonie 1
Salle Pleyl, 20-IX-09, 16h

Ayant du m'envoyer quelques vigoureux coups de pied au fesses pour me décider à aller au concert, (un billet m'y attend, mais j'accuse le coup après une vilaine crève) je suis évidemment en retard. Je fixe la liste des stations ce qui malheureusement, ne fait pas accélérer la rame, comme un couple tout aussistressé, deux reconnaissables tickets roses à la main. Nos stratégies divergent: je descends à Courcelles, et choisis de galoper le long de la rue Daru, eux descendent à Ternes. Ils ont raison: on se rejoint pratiquement ex-aequo au 2è balcon. Eux frais et dispos, moi rouge et ruisselante. Mais détendus : le CSO ne se rate pas.

A 16h01, l'orchestre est déjà installé (étrange?), à 16h02, Haitink s'installe sur son piédestal. J'appréhende un peu, car je n'aime guère la 41è Symphonie de Mozart, ma dernière écoute en concert, par un orchestre pas tout à fait comparable au CSO dirigé par un jeune chef un peu pataud, m'avait laissée sur ma faim.
Et ce dimanche après-midi, de 16h03 à 16h40, je me prends une monumentale volée de claques en plein gueule. Le CSO exige le superlatif: c'est puissant sans être arrogant, expressif sans dégouliner, convaincu sans être pénible, et d'une lisibilité ! Chaque contre-fourchette, chaque petit orteil du sujet est clairement joué, sans être scolaire non plus. Et ce son ! Les quelques violoncelles et contrebasses qui sont sur scène produisent (en ffff, s'il vous plait) un son d'une rondeur, d'un velouté ! Ces plans ! Et ces fortissimi qui ne grésillent* pas !
De plus, on nous sert un Mozart énergique, expressif, intelligent, maîtrisé mais passionné comme on n'en entend peu dans une vie.**

Si j'osais émettre une critique, je dirais toutefois que le CSO ne connait pas les nuances en deçà du mezzopiano. Bah, la majorité des orchestres naviguent entre le p et le f, eux, ca se joue entre le mp et le fffff. Bah. Soit dit en passant, le CSO est très wasp. La dernière fois, j'ai cru voir un trompettiste noir, mais il a du partir vers de nouveaux horizons. Du coup, le niveau des cuivres a du baisser.. J'ai d'ailleurs cru entendre quelques couacounets dans le Brahms.

Et ces solistes! Ce hautboïste! Ce flûtiste ! (mais est-ce seulement de la flûte?). Il semblerait qu'il y ait eu quelques petits problèmes de recrutement d'hautboîste, mais le CSO a du dénicher une perle.

Pour l'anecdote, s'il est établi que nos amis lipsiens s'abreuvent de bière pour être au niveau, les ricains, ils bourrinent: pendant l'entracte, tous les musiciens sont restés sur scène, un minimum de papotage, et zou! du trait, de la gamme, pendant 20 bonnes minutes. Quelle bande de geeks. Au point que pendant les saluts finaux, un altiste, qui déjà s'était fait remarquer pour s'être ré-accordé en cours de symphonie sans louper un pizz', montre un trait à son voisin. Un altiste du rang faisant du rab' pendant les saluts? Voilà qui explique le niveau de l'orchestre, ma foi..

* en effet, un orchestre qui joue plus fort qu'il ne le peut tend à grésiller, comme une radio mal réglée.
**ailleurs : la chroniquette de Laurent, qui n'est pas d'accord.

4 Comms':

{ [ Ben ] } at: 26 septembre 2009 à 11:18 a dit…

Qui était à la flûte ? Mathieu Dufour ?

Je m'étais fait la même réflexion à l'entracte tiens... puis aussi ce qui était marrant c'est qu'ils viennent avec leurs sacs à main sur scène ^^

{ klari } at: 28 septembre 2009 à 16:00 a dit…

Je crois, en tout cas son nom était mentionné dans le programme.(Rhô, quel son!)

les sacs à main, tiens? Ah, je l'avais déjà vu faire par un orchestre hongrois. (ceci dit, j'étais trop loin pour voir ce genre de choses, du haut de mon perchoir!)

{ [ Ben ] } at: 28 septembre 2009 à 22:56 a dit…

Héhé... oui quel son... au moment où il a été admis, le chef de l'époque (diantre ne me rappelle plus qui c'est) l'a fait venir de France directement pour le second tour...

{ klari } at: 29 septembre 2009 à 15:09 a dit…

Bon, il n'a pas volé sa place, le loustic.
Ca devait être Barenboim (qui joue à Pleyel ce soir et je n'ai pas de place, grrr), je suppose? Ce qui colle : après tout, Barenboim a un bon réseau parisien, ce qui explique qu'il l'ait repéré.

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