mardi 8 septembre 2009

Pollini, Chailly et les Lipsiens à Paris


2 Comms'
Salle Pleyel, 8-IX-09 20h
Gewandhausorchester Leipzig, Riccardo Chailly, dir, Maurizio Pollini, piano.

Luigi Nono, Composizione 1
Mendelssohn, Symphonie Italienne,
Beethoven, concerto pr piano #5
***

Très habilement, l'orchestre a choisi d'agrémenter son programme de tournée d'une pièce du compositeur Luigi Nono, courte, mais généreuse, puisqu'elle mobilise une orchestre géant et un escadron de percussionnistes. A la suite de cette pièce plutôt jolie au demeurant, qui fait danser Riccardo Chailly et qui verra un solo pour téléphone "Marche Turque" accompagné de glapissements "C'est une honte!" et ponctué de chuchotements "mais tais-toi", pratiquement tous les cuivres, à l'exception du dernier recruté, et le bataillon de percussionnistes sauf le timbalier, prennent la poudre d'escampette. Les Leipzigois semblent être adeptes du "Nobody gets left behind" : quand l'orchestre s'en va en tournée, tout le monde fait partie du voyage...

Pendant que les cuivres et les percussionnistes écument les bars des alentours, l'orchestre attaque la Symphonie Italienne. C'est à cet instant seulement que je remarque la hauteur toute présidentielle de l'estrade de Chailly, manifestement court sur pattes.
J'aurais du mal à vous donner un compte-rendu objectif, n'étant guère amatrice de Mendelssohn. Je suis toutefois frappée par la clarté du jeu de l'orchestre (ou pourrait compter les ploums d'alto) et sa fougue : dans les passages un peu mouvementés, on s'attend presque à voir s'envoler quelques musiciens. Ils trépignent sur leurs sièges, secouent deci-delà leur chevelure, on entend presque des "Rhââ!" et des "Gniark!" de satisfaction à la fin de certaines phrases musicales particulièrement échevelées. Au final, je suis impressionnée par la symphonie, mais pas convaincue.

Après l'entracte, au cours duquel le piano est installé, l'orchestre leipzigais et Pollini, amplement applaudi, prennent place pour le concerto. Humpf, comment dire? Si le concerto #4 n'est pas le plus connu de Beethoven, c'est pour de bonnes raisons.. Cela dit, ceci n'empêche pas de savourer la clarté et la conviction de son jeu. Le concerto est suivi d'un cordial duel pianiste-public :
"-Clap-tu-donneras-un-clap-bis!
- non, fait chier faut que je me lève tôt demain (s'incline),
- Alors-clap-ce-bis ???
- J'ai dit NAN! (serre une dernière fois la main du 1er violon)
- Clap-j'ai-clap-payé-clap-cher-clap-mon ticket!
- Pas mon problème, t'avais qu'à te concentrer pendant le concerto (sourire radieux)
- ah, bon d'accord.

Sur le chemin du retour, devant l'entrée des artistes, je longe un gigantesque 38 tonnes immatriculé en Allemagne. Les portes de la remorque sont ouvertes : oh, il y aura sûrement des harpes ! d'imposantes boîtes à contrebasses ! des stocks de partitions !!
En fait, au milieu de l'immense remorque vide du camion, on trouve juste un cageot de bouteilles de bière..!

2 Comms':

{ zvezdo } at: 9 septembre 2009 à 07:34 a dit…

ben oui quoi! les pompiers, souvent, ça a soif

{ klari } at: 9 septembre 2009 à 13:45 a dit…

euh, par pompiers, tu désignes quoi au juste? les cuivres? les percus ?

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