Malher a composé dans une délicate petite cabane, nichée dans un cadre idyllique - digne de figurer en fonds d'écran des meilleurs sites internet français, une gigantesque symphonie, perturbée à souhait, et qui sollicite une petite armée de choristes, de Le magnifique premier mouvement (aussi long qu'une symphonie standard) fait alterner un thème anxiogène aux cuivres avec une jolie mélodie enjouée - aux vents, puis cette délicate mélodie vire rapidement au cauchemar : la caisse claire gronde son mécontentement, les violons gémissent dans la suraiguitude. C'est magnifiquement écrit, mais si déprimant.
(à ma surprise, entre les mouvements, ce n'est pas le public, mais les musiciens qui toussent)
Un peu plus tard, j'attaque l'écoute du dernier mouvement sur un fond olfactif de jambon-beurre : ma voisine a un petit creux, et a dégainé un généreux sandwich, qu'elle grignote alors que la symphonie s'aproche de la conclusion, magnifiquement illustrée par un ballet des deux timbaliers, là-haut perchés : et bam!, les bras en haut vers la gauche et boum!, les bras en l'air vers la droite et bam!, les bras en haut vers la gauche et boum!, les bras en l'air vers la droiteetbam !, fort impressionnant visuellement et auditivement.
Ecoutons quand même les intéressés, ils sont les meilleurs experts de ce qu'ils vivent*: "Ouaip je trouve qu'il est assez bien à la baguette le grand chauve dans ce répertoire. Après c'est une question de goût évidemment". Intéressés qui jouèrent dans le plus grand ordre juste pendant toute la répétition, en particulier les solistes (hautbois, flûtes, cuivres etc..) qui ont singulièrement trimé pendant cette longue symphonie.* citation dégotée sur segomadit.fr
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