mercredi 22 octobre 2008

Un concert royal à Gaveau


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Salle Gaveau, Paris • 20.10.08 à 20h30
King's Singers

Il y a quelques mois, j'avais écouté une interview du baryton (le rouquin) des King's Singers, qui racontait avoir quitté, sans faire ni une ni deux, un grand cabinet d'avocats londonien, après un coup de fil d'un des Kings "çà te dirait, de chanter avec nous ..?". Mais ils sont si sympathiques, talentueux, drôles, en un mot: anglais, qu'on ne peut nourrir de rancœur, ni même d'envie.

Après avoir réveillé l'assistance d'un petit air enjoué, ils enchaînent sur une série de chants de la Renaissance: De Roland de Lassus à Wilbye, chacun y trouve son bonheur. C'est époustouflant de perfection vocale, de lisibilité, de clarté, et toujours, très émouvant. Une béquille toutefois : l'un deux sort de sa poche intérieure, avant chaque morceau, un petit harmonica, qui fera office de diapason. Ils sont humains, quand même.

Mais le naturel revient toujours au galop : après quelques morceaux accompagnés de l'ensemble de musique ancienne Arpeggiata, ils nous régalent d'un La Bimba, de Mateo Flecha, chanté, et mimé. Toujours aussi époustouflant de technique (pour avoir essayé, il y a quelques jours, de chanter à l'unisson avec mon micro-ondes, en vain, je n'arrive qu'à trouver la quinte: je peux certifier à quel point il est difficile de chanter a cappella. Sauf pour le ding! Ça, c'est facile).

Après l'entracte, place aux chansons plus"faciles" (quoique) avec notamment un Penny Lane, ou une reprise de Valparaiso, presque aussi émouvant qu'un de ces madrigaux de la première partie, et qui doit faire légèrement honte à Gordon Matthew Thomas Sumner (ouf). Ce dernier morceau met particulièrement en valeur la voix du ténor, qui, entre chaque chanson, présentera les morceaux chantés, dans un français très légèrement teinté d'accent british. Malgré tout, la deuxième partie semble s'achever, bien trop vite, mais, las! ils ne peuvent échapper au traditionnel bis..

Et miracle! C'est la reprise par les King's de la reprise par les Comedian Harmonists du Creole Love Call d'Ellington. Après les premières mesures, les musiciens de l'Arpeggiata et nos jazzeux les rejoignent, et c'est dans une atmosphère incroyablement poétique et détendue, un théorbiste assis par terre, au fond de la scène délicatement éclairée, un autre sur une marche, qu'ils nous régaleront de ce délicieux morceau.
Puis c'est l'audience qui entonnera, a cappella, un vigoureux Joyeux Anniversaire, alors qu'un employé de Gaveau leur apportera un gâteau d'anniversaire aux 40 bougies. Apparemment, cela leur a fait plaisir, puisque sur leur site, nous sommes qualifiés de very excitable audience (oh!), et que nous avons allongé leur soirée "with the audience twice singing us ‘bon anniversaire’ and keeping us on the stage for a number of encores"..!

Lire aussi la Chronique du Poisson Rêveur!

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