mardi 14 octobre 2008

Festival présences à Radio-France


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Orchestre et Choeur Colonne, direction: L. Petitgirard
Maison de la Radio, 12 oct '08-18h

Après avoir épluché mon plan avec attention, je suis encore indécise. Faut-il prendre la ligne 9 ou le RER C pour aller à la Maison de la Radio ? Heureusement, je croise un violoniste de Colonne dans ma station de métro (le futur Gentil-Prof!!) : je le prends en filature. Inutile dès lors de se poser des questions existentielles: "quelle sortie de métro faut-il emprunter?" "A gauche ou à droite après la sortie de métro?". La filature est d'autant plus aisée que le violoniste est bientôt rejoint par un bassoniste en trottinette.
Et je suis moi-même suivie par un grand-père qui peine à suivre nos musiciens tout en haletant dans son téléphone "oui, oui, j'arrive... Non, c'est bon, je suis des musiciens". Et c'est ainsi que notre petit convoi arrive aux abords de Radio-France.

Mais là, trahison! Ces finauds nous ont tendu une embuscade : ils se sont arrêtés à une terrasse derrière une chicane, nous laissant gros-jean comme devant, le papy et moi. Je prends un air innocent, et continue mon chemin. Alors qu'il y a des musiciens un peu partout, certains semblant s'éloigner. Les pistes sont brouillées.

Une bonne vingtaine de minutes plus tard, assise dans mon fauteuil (conçu pour quelqu'un ayant des jambes bien plus courtes que les miennes), j'examine cette salle, qui me charme par sa décoration très soviétique, à défaut d'un épithète plus juste.

Le concert commence par la pièce d'Anthony Girard : il s'agit de la création d'une suite de petits tableaux musicaux. C'est très joliment orchestré, très imagé. Il y a un petit côté musique de film pas déplaisant, d'autant qu'on se croirait plutôt chez Polanski que chez Mickey. Puis le compositeur vient saluer à la fin de l'œuvre.

Puis vient la pièce de Petitgirard. Un dialogue pour alto et orchestre. Gérard Caussé, grand, cheveux mi-longs dans le vent - un peu à la André Rieu, entre. Le personnage, tant par son apparence que par son jeu, m'est immédiatement antipathique : il y a quelque chose de très maniéré, arrogant dans son phrasé un peu cabotin, son son, dans sa posture. Qui plus est, je n'arrive pas à me concentrer sur la partie soliste, il ne parvient pas à retenir mon attention qui revient automatiquement sur la partie d'orchestre, très belle, et magistralement bien jouée par l'orchestre, sous la baguette ravie du compositeur. Le premier violon, C. Bogdanas, doit poser son archet le temps de ramper sous l'archet de Caussé pour effectuer une tourne particulièrement mal placée. Globalement, une très belle pièce que j'écouterais volontiers à nouveau, mais de grâce, jouée par un autre soliste.

Les musiciens se retirent pour une petite pause. Alors que tous sont en costard-cravate, l'un deux (un altiste, évidemment) fait bande à part et a sorti la queue de pie.. Tsss! Entre temps, le traditionnel conciliabule de percus a lieu sur la scène, massivement équipée d'instruments percussifs au nom barbare.

Vient le morceau du compositeur-star de la soirée, Jonny Greenwood (qui parait-il, à fait de l'alto dans sa jeunesse), dont j'ai entendu beaucoup de mal les jours qui précèdent :" c'est moche, inintéressant, mal écrit. Pouah." Popcorn Superhet Receiver, une pièce pour orchestre à cordes.
Malgré ces a priori, c'est probablement le morceau que je préfère de la soirée. Sous des dehors inintéressants, il y a des sortes de vibrations, de dissonnances dans des couches de son apparemment lisses, qui me touchent. C'est profondément angoissant, anxiogène, mais très beau aussi. J'en oublie de respirer quelques mesures. Très vite vient ce fameux barrage de pizz, où les violonistes et les altos ont recours à un plectre, les contrebassistes infligent de vigoureuses gifles à leur instrument. Là encore, c'est redoutablement efficace. Le premier violon se dandine au rythme des tzouing, tzou-tzou-tzouing qu'il émet, secouant sa tignasse comme le rockeur qu'il aurait certainement aimé être dans une autre vie.

Le dernier morceau est composé par un personnage éminemment sympathique : ethonologue, anthropologue, linguiste, etc. Mais que c'est pénible. C'est une masse sonore alternant péniblement entre forte et le piano-forte ponctuée de temps à autre par des percus (que ce compositeur affectionne) de temps à autre : Ploc ! Bloublou dit le marimba. Crrrr! Lui répond-ton. Plou-plou-ploc, rénchérit-on. Whhouuuuuussshhh, conclut le gong. Somme toute, assez fatigant et pénible, malgré un très beau solo d'alto un peu jazzy (sisi) à la fin. Florentz a, nous apprend Petitgirard, composé un Requiem, que je n'ai, ma foi, guère envie d'entendre. Malgré ces clipicloc si mignons.

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