mercredi 24 septembre 2008

Zakir Hussain & Co à la GHDLV


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Grande Halle de la Villette, 4 sept 08
Sangam.
Zakir Hussain (tabla, chant, filet de coquillages), Charles LLoyd (flûte (en sol?), saxophone, piano, voix et récitation, batterie (enfin, un petit peu)), Eric Harland (batterie, piano, chant).

On a ici une équipe polyvalente (cf supra) et transgénérationnelle (du petit jeunot, Eric Harland, âgé de 28 ans, au patriarche Charles Lloyd, qui taquine la septantaine).

Pour être sincère, au début, j'étais un peu inquiète: deux percus, sur le papier, çà commence à sentir le bourrinage à plein nez, à peine compensé par la ligne mélodique d'un instrument à vent. Mais il arrive aussi parfois qu'on se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Dites-vous que ce concert était l'exact inverse du concert de Lalo Schifrin la semaine précédente : fin, subtil, habité, faussement accessible*, intellectuellement très riche**, et pourtant très chargé émotionnellement. Deux-trois heures qui passent bien trop vite.

C'était excellent. Mais j'aurais du mal à identifier le pourquoi du comment, tout au plus puis-je me hasarder à émettre quelques suppositions :
- ingrédients : se procurer trois excellents musiciens (les trois loustics sont d'excellent musiciens, au sens le plus noble du terme : quel que soit l'instrument qu'ils manipulent, ils semblent avoir l'intuition du "petit-je-ne-sais-quoi" qui viendra enrichir le tissu musical sans l'alourdir
- délayer, et mélanger de temps à autres les instruments :typiquement, C. Lloyd est un batteur très oubliable, et pourtant, ô combien plus subtil et plus efficace que le batteur de Lalo Schifrin,
- saupoudrer d'un peu de chant : Zakir Hussain a une voix magnifique, suffisamment travaillée pour être efficace, sufisamment peu travaillée pour prendre aux tripes,
- Ingrédient à bannir : l'esbrouffe. (gâche sérieusement l'ensemble)
- Garnir généreusement d'intelligence musicale, d'inventivité, de finesse,etc.
- Laisser mijoter deux heures et demie
- Se lever après dégustation (Tout le monde se lève pour....)
- Exiger un peu de rab', en conséquence de quoi, vous serez gratifié d'une très émouvante récitation de la Bhagavad-Gîtâ par Charles Lloyd***, agrémenté d'un discret mais présent accompagnement de batterie et de filet de coquillages, ainsi que de la voix de Zakir Hussain.

Vous pouvez goûter à un enregistrement d'un précédent concert de Charles Lloyd (en 2004) sur le site de la Médiathèque de la Cité de la Musique.


* et ** pour réaliser la complexité de leur truc, il faut être sérieusement calé en solfège, ce qui était le cas de mon voisin. Moi, je n'y ai vu que du feu. Disons tout simplement que j'ai toujours eu un faible pour ce qui est complexe, mais n'a pas besoin de la crier sur les toits.
*** quelle voix! Ah mais quelle voix ! (sans pathos, sans accentuation excessive, bref, redoutablement efficace et poignant)

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