mercredi 3 septembre 2008

La lecon de musique, Ravi Shankar (Pleyel)


2 Comms'
Salle Pleyel - 02 septembre '08, 20h
Ravi Shankar & Co
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Après les péripéties que vous avez pu lire, nous finissons par entrer dans le saint des saints. Entrent les musiciens, peu après, Ravi Shankar lui-même, soutenu par un de ses élèves. Ses genoux, ayant vécu deux guerres mondiales, le krach de 29, et bien d'autres évènements, ne supportent plus la position du tailleur, chère aux musiciens indiens. Il sera juché sur un petit piédestal au milieu de ses élèves. S'il n'a plus les genoux d'un danseur, il en a par contre encore toute la grâce et l'élégance : il déclenchera l'hilarité de la salle, expliquant avoir commencé son éducation artistique par la danse, mimant sur-ce ce fameux geste de la tête, de la droite vers la gauche et aller-retour, qui donne l'air fabuleusement débile à toute personne non-née sur le sous-continent indien.

J'ai un peu l'impression de contempler et d'écouter un monument historique : il s'est produit pour la première fois dans un Paris fichtrement différent du Paris d'aujourd'hui (voir image ci-contre). Alors que sa carrière était déjà bien entamée, l'Inde était toujours anglaise...(mais très certainement déjà largement cricketophile). Ce monument historique et musical est aussi un excellent conteur à l'accent délicieusement indien, utilisant tour à tour l'humour "Mon maître, Ustad Allauddin Khan, était ambidextre : il tenait l'archet de son violon de la main gauche. Par contre, il écrivait de la main droite. Mais pour donner des baffes à ses élèves, il utilisait les deux mains", ou l'autodérision "Baba (U. Allauddin Khan) disait que j'était trop dispersé et n'arriverais jamais à rien dans la vie".

Heureusement, Ustad Allauddin Khan était un bien meilleur musicien que voyant. Ravi Shankar, en plus d'être charismatique et brillant musicien, n'est pas orgueilleux. Alors qu'il répond à des questions, certainement choisies pour leur degré d'absurdité "Vous pensez à quoi quand vous jouez? Comment on sait si Untel est un bon musicien?", ne se laisse pas démonter, et donne des éléments de réponse humbles, et pertinents.

Quand au contenu de la leçon, on lâche vite prise après le teental en 4*4 temps- notamment quand le tabliste/tableur (?)se met à ajouter fanfreluches et ornements sur un cycle à 7 ou 11 temps,mais il sait rester au niveau de son public, et finit par évoquer un Boulez ou un Zygel qui expliquerait le b-a-ba de la musique occidentale. Les blanches et les rondes, mettons.

Il ouvre un chapitre sur l'aspect mélodique de la musique hindoustanie, présentant au passage ses élèves-disciples-amis, et leurs instruments, notamment le magnifique shehnai, hautbois indien, au son particulièrement émouvant.

Après une improvisation orchestrée par le Maître, la salle Pleyel voit une des plus belles standing ovation de son histoire. Qui a toutefois des accents doux-amers d'adieux..

2 Comms':

{ Djac Baweur } at: 4 septembre 2008 à 14:23 a dit…

Tu étais donc... ravie !

WWAAAAARF WARRRRF HAAA HAAAAAHUUHUHUUHUU HOUUUUUUUUHOUHOUHOUUUUUHOUUUUUUHUUUUHUUUU HAHAAAA WAAAAAAARF !!!!

(ceci était un commentaire utile et constructif)

{ kalri } at: 4 septembre 2008 à 15:22 a dit…

Ouch!

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