mardi 29 avril 2008

Une chanson pour la route : Careful, de Sebadoh


4 Comms'
En ce moment, je suis en pleine nostalgie 90s.
Ce moment où le rock indé était plus que de la pose mais une vraie boîte magique griffonnée au marqueur, un chaudron inventif et bouillonnant. avec de vrais éclairs de génie entre les couches de distorsion cheap mal enregistrées sur des 4 pistes. où l'on était pas crade par "style", comme les Pete Doherty et consorts (qui au passage sont ultra-produits) mais où l'on essayait de faire le mieux possible avec peu de moyens, de sculpter ses petits et grands états d'âme avec trois bouts de ficelle et une bonne dose d'inventivité. De Sebadoh à Pavement en passant par Nirvana ou Hüsker Dü, tout ce que ces gens voulaient, c'était être les Beatles. Tout en s'en foutant un peu, au fond : le punk était passé par là.

Careful, de Sebadoh, c'est un de ces morceaux inoubliables, simples comme tout et pourtant sophistiqués. Le génie de Sebadoh, c'était ça. Des post-ados défoncés à l'herbe et à la bière qui se noyaient eux-mêmes dans de copieuses couches de bruit et qui parfois (souvent), par accident, composaient des merveilles.

C'est drôle parce que je les ai vus hier au Trabendo. Je n'avais jamais vu Sebadoh en concert. Le temps passant, et après les quelques derniers albums beaucoup plus "pop" (enfin tout est relatif), je m'attendais à une soirée revival, un grand raoût indé de groupe devenu respectable, conscient de son rang, une sorte de "greatest hits" de l'underground où toutes ces petites perles inachevées et maladroites seraient jouées avec déférence, à la "hauteur" du statut culte qu'elles ont acquis entre temps.

Hé ben c'était pas ça du tout. Le son était sale et fort. Vraiment. Ils ont essentiellement joué des morceaux des premiers albums, ces petits morceaux bizarres et mal foutus écrits dans des chambres sur des guitares acoustiques et poussés à fond à travers des amplis pas chers et une volonté très nette de faire le plus de bruit possible. Pas un bruit d'agressivité ou de virilité exhibée façon groupe de métal à cheveux. Plutôt un bruit matière, enveloppant, physique. un bruit qui n'a pour seule ambition que de plonger le public et le groupe dans une sorte de stupeur vaporeuse, qui déséquilibre et brouille les sens. Le bruit dans lequel on se vautre pour oublier la mélancolie et le malaise (qu'on trouve partout chez les groupes de l'époque, des Pixies aux Sonic Youth ...). Batterie brute martelée, basse anguleuse et cradingue, et guitare noyée dans une disto fuzz stridente - sur scène, on comprend mieux la filiation entre Sebadoh et Dinosaur Jr, même si ces derniers n'ont jamais eu le talent mélodique des premiers. Mais là, la mélodie, c'est un peu secondaire.

Sebadoh au Trabendo, c'était la renaissance du grunge. Le vrai. Des traîne-savates déprimés et défoncés enchaînant les merveilles par accident. Et ça, ça fait du bien.

NdK: n'ayant pas trouvé Careful sur Deezer, voici à défaut Not a Friend, du même album, Bakesale.
free music


phil b.

4 Comms':

{ etnobofin } at: 1 mai 2008 à 14:09 a dit…

Pavement, Sebadoh, Dinosaur Jr... voilà des noms qui remonte aussi à mon adolescence! Merci pour un beau moment de nostalgie :-)

{ klari } at: 3 mai 2008 à 13:34 a dit…

Ah.... Ce n'est pas moi qui ai écrit cet article, mais Philippe (un copain), je suppose en effet qu'on doit trouver quelques disques en commun dans vos discothèques !

{ Ju } at: 4 mai 2008 à 22:12 a dit…

Phil B., d'ailleurs, c'était-y pas le batteur de Channel Zero? Je m'égare...

{ klari } at: 5 mai 2008 à 13:57 a dit…

Oïoïoïe... Quelle érudition. J'ai du aller consulter l'ami wkipedia, n'ayant tout simplement aucune idée de quoi tu parlais...

nan, mon Phil b. est un ancien camarade de classe, violoniste aussi. Enfin, il a arrêté il y a longtemps, c'ets donc un peu mort pour mon opération "Recrutement Intense".

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