mardi 19 février 2008

L'ensemble Juste aux Cors, la chroniquette


18 Comms'
La première partie du deuxième concert de l'Orchestre du Chantier a été assurée par l'ensemble Juste aux Cors. Ensemble flambant neuf puisque Google ne donne qu'une poignée de résultats, dont un lien vers l'annonce sur le JO de la création de l'association. Un ensemble bien mystérieux.

Onze ou douze cornistes issus de grands orchestres parisiens, ou en cours d'études au CNSM de Lyon. Une maigre poignée en comparaison de l'orchestre de cornistes d'une soixantaine de membres créé à l'instigation de l'impératrice Élisabeth Ire de Russie. L'oreille n'est guère habituée au son du cor: en orchestre, soit les cors en rajoutent une couche alors que le reste de l'orchestre s'énerve, et on ne peut guère distinguer le son de l'instrument, soit le corniste joue un solo, mais le temps de s'en rendre compte le solo est fini. Une excellente occasion de se familiariser avec l'instrument.

Ils ont fière allure, nos onze ou douze cornistes, leurs cravates roses assorties aux chaises du Chantier.
Les morceaux choisis par l'ensemble sont en pleine adéquation avec le programme de l'orchestre: Olympic Fanfare de John Williams, des arrangements d'extraits de West Side Story, Titanic, et une trilogie Stars (Stargate, Starwars1 et StarTrek). En bis, un excellente adaptation de Bohemian Rhapsody. Ils sont par contre un peu desservis par les arrangements de ces morceaux: l'Olympic Fanfare ne me laisse absolument aucun souvenir - mauvais signe; l'arrangement de la trilogie Stars me paraît un petit peu faiblichon - les transitions entre les thèmes sont un peu bafouillantes. Par contre, ils brillent sur West Side Story, tirant des couleurs très variées de leurs instruments : du grondement féroce aux minauderies, en passant par un son nasillard rappelant l'harmonica. Et ils gardent sagement le meilleur pour la fin: un délicieux Bohemian Rhapsody, "aux petits oignons", écrit Bladsurb, et je ne peux résister à reprendre son expression. Le morceau et l'arrangement mettent en valeur la richesse de son, de couleurs des cors, et nos cornistes eux-mêmes prennent un plaisir évident à jouer ce morceau.

L'instrument est fondamentalement intrigant: pourquoi les cornistes ont-ils toujours la main fourrée dans le pavillon? Pourquoi font-ils tournicoter leur instrument? Pourquoi le Guiness des Records le considère t'il le plus difficile des instruments? Pourquoi serait-ce un instrument divin? etc, etc. Une violoniste et un altiste mènent l'enquête, voici les résultats:

¤ Comment fait-on une note?
Un des cornistes de l'ensemble me confie qu'il suffit de transmettre l'info aux lèvres et leur demander de vibrer à la fréquence de la note souhaitée. Petit hic, parfois un ré, voire un do# peut sortir à la place d'un mi, même à leur niveau. Ce qui vaut à l'instrument le surnom affectueux de roi des canards (pour comparaison, au violon, au pire des cas votre mi aura un léger arrière-goût de ré# ou de fa, mais les dégâts sont en général limités). Je ne serais pas particulièrement étonnée qu'on trouve des ressemblances entre le fonctionnement du cerveau des yogis et des cornistes. Certains couac typiques au cor sont d'ailleurs représentés dans la Plaisanterie Musicale de Mozart.
¤ Mais les petites palettes ne servent pas à changer la hauteur du son?
Pas directement, si j'ai bien compris. Tout comme un shampoing, le cor bénéficie d'un système 3 en 1, activé par ces bitoniaux. Un peu comme si j'appuyais sur un bouton magique sur mon violon, qui se transformerait alors en alto, ou en violonet.
¤ Comment communique-t'on avec un corniste?
C'est compliqué. Le lascar a donc trois instruments au lieu d'un: un cor en fa, un cor en si b, et un cor en do. Si vous lui demandez de jouer un do, il vous jouera un sol. S'il joue faux, il peut même vous jouer un fa, ou un la, selon son humeur. Si vous insistez, il faudra lui demander de jouer un sol, pour obtenir ce do. Mais le corniste ne saura toujours pas sur quel cor vous souhaitez cette note. S'il choisit de jouer ce sol sur un autre cor, qui sait ce qu'il sortira? Un si? Il faudra donc lui demander un sol en fa, par exemple. Le corniste de base est donc non seulement yogi, mais trilingue d'office2.
¤ Que triturent-ils dans le pavillon?
J'ai longtemps pensé qu'ils avaient une petite éponge dans la main pour écoper la bave condensation dans le pavillon. Faux. Cela permet de changer le timbre de l'instrument, mais aussi la hauteur, un léger mouvement de la main, et bam! un demi-ton en plus ou en moins (au violon, on peut gigoter un peu sans que ceci ait un impact direct sur la justesse)
¤ Mais comment les cornistes se débarrassent-ils donc de la ba condensation accumulée dans l'instrument?
En le faisant tourner, comme Lucky Luke et son revolver. Geste qui n'a pas son équivalent au violon, et c'est regrettable. Ça doit détendre, c'est élégant...
¤ Quelle est la hantise de l'apprenti corniste?
L'appareil dentaire, me dit-on. Le petit corniste qui sort de l'orthodontiste doit se résigner a ne plus pouvoir tirer un son de son instrument pendant de longs mois. (au violon, etc....)
¤ Trouve t'on des cornistes en milieu urbain?
La plupart de ceux avec qui j'ai eu le plaisir de discuter me disent avoir grandi dans une maison, non pas un appartement. Ce qui n'empêche pas les voisins de profiter des gammes des petits cornistes.
¤ Les cornistes ont-ils besoin d'un cor pour jouer du cor?
Paradoxalement, non. Le corniste, muni d'une imagination d'enfant, peut transformer des objets du quotidien en parfaits cors d'harmonie. (merci Djac pr la vidéo)
¤ Pourquoi le cor est-il un instrument divin?
Dieu seul sait ce qu'il en sort.

L'ensemble est composé de Marianne Tilquin (ONIDF), Hugues Viallon (Philhar' de Radio-France), Matthieu Siegrist, Frederic Hechler, Jérémy Tinlot, Guillaume Begni, Pierre Vericel, Bertrand Dubos, Benoît Gausse, Guillaume Têtu, Benoit de Barsony (Orch. de Paris).
Nombre de ces jeunes gens ont crée un profil Facebook, mais pas trace de biographie en ligne, de CV. Rien. Cela va sans dire, je me refuse à mettre des liens vers leur score au Traveller IQ ou leur statut dans la hiérarchie des Vampires. Mes lecteurs et moi nous en foutons comme de l'an quarante. Amis cornistes, prenez-vous donc par la main et créez-vous un petit site Internet, un Myspace (ce serait très bien pour présenter vos arrangements, ceci dit) . Cela simplifierait ma tâche, ainsi que celle de ma collègue qui a préparé le programme du concert. Allez zou3!
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1: je vous recommande la lecture de cet article, où l'on voit que Williams, tout comme Zimmer, s'est servi à tous les rateliers: il "cite"Holst, Stravinsky, Elgar, Walton. Mais sur qui n'a t'il donc pas pompé??
2: je ne me rappelle plus exactement les explications données, j'invente donc le nom des notes à demander au corniste. Mais l'idée est là.
3: si vous avez lu jusqu'ici, Monsieur le Corniste, merci de prendre le temps de corriger les petites erreurs qui ont pu se glisser ici et là!

18 Comms':

Temet at: 19 février 2008 à 12:02 a dit…

Je ne savais pas que ça marchait comme ça un cors o_O'
C'est über compliqué!

{ Klari } at: 19 février 2008 à 13:00 a dit…

C'est fou, hein?
Je ne te cache pas que j'ai laissé échappé un petit sourire quand je t'ai lu: "les vents/cuivres, tu souffles dedans et le son sort"..!

En général, plus je vois mes camarades vents et cuivres à l'orchestre, plus je suis contente de faire du violon, figure-toi..!

{ Djac Baweur } at: 19 février 2008 à 13:13 a dit…

Pour approfondir l'enquête, voici de nouveaux éléments.
Le truc, chez les instruments à vent, c'est qu'ils jouent des harmoniques d'un tuyau. C'est-à-dire qu'à une longueur de tuyau donnée, mettons une longueur qui donnera une colonne d'air vibrante qui fera entendre un do, on va pouvoir, en modifiant la façon de souffler à l'embouchure, faire sortir les harmoniques du son fondamental, donc pour un do dans mon exemple, on pourra faire ressortir l'octave, la quinte sol, la tierce mi, la septième sib (c'est pour ça que les sonneries de chasse sont assez "pirmaires"). Le hic, c'est qu'au bout d'un moment, ça devient vite impossible de sortir des harmoniques plus aiguës, qui de toute façon seraient horriblement fausses.
C'est pour cela que les cors (et trompettes, et la coulisse du trombone...) sont munis de palettes, qui ouvrent et ferment des dérivations de tuyau en plus ou en moins, ce qui permet d'avoir plein de longueurs de tuyau différentes à disposition, ce qui permet donc de faire les harmoniques correspondantes et, donc, plein de notes - avec un tuyau en sib, je pourrais sortir un fa, par exemple, ce qu'on pouvait pas faire avec le tuyau en do.
Comme certaines harmoniques dans certains registres sont plus difficiles à choper que d'autres dans une configuration de tuyau donnée, c'est pour cela qu'il y a "plusieurs" cors en un.

Je suis pas sûr d'avoir été bien clair, mais faut avouer aussi...

À voir : le cor est un tuyau

{ Klari } at: 19 février 2008 à 13:39 a dit…

Comment te dire çà gentiment? Tu devrais écrire un commentaire sur les rhododendrons :-)

J'ai intégré ton lien vers la vidéo: merci!

Temet at: 19 février 2008 à 13:45 a dit…

Et l'ornithorynque aussi !!! Vachement intéressant l'ornithorynque (hop, copier/coller, personne n'a rien vu)

D'ailleurs, si on lui souffle dans le bec? ... ouais non, rien.

{ Klari } at: 19 février 2008 à 14:51 a dit…

Hum, un ornithorynque? C'est à méditer.

A défaut d'ornithorynque, regarde la vidéo mise en lien deux ou trois commentaires plus haut! Ca vaut son pensant de 'cahuètes.

{ Djac Baweur } at: 19 février 2008 à 17:07 a dit…

M'enfin ?

Pfff...
Pisque c'est comme ça, j'dirai pus rin.

z'avez qu'à aller là

Temet at: 19 février 2008 à 17:11 a dit…

Je vois que t'as déjà commencé par ne plus écrire que la moitié des lettres :D

{ Klari } at: 20 février 2008 à 16:56 a dit…

@ Temet: oui!
@ Djac: ne boude pas, allons..!

{ Klari } at: 20 février 2008 à 16:58 a dit…

Djac, j'oubliais: dans la série des Que sais-je sur les vents, faut-il souffler plus ou moins fort ds un contrebasson que dans un basson ? ( a mon avis, moins, mais je ne suis pas sûre, et j'ai un grand débat à gagner)

{ Djac Baweur } at: 20 février 2008 à 21:24 a dit…

Le rhododendron (du grec rhodon « rose », et dendron « arbre », littéralement arbre à rose) ou azalée est une plante dont le genre appartient à la famille des Éricacées. Les azalées persistantes appartiennent aux sous-genres Azaleastrum et Tsutsusi, alors que les azalées caduques appartiennent au sous-genre Pentanthera. Les rhododendrons arbustifs appartiennent au sous-genre Hymenanthes (qui comprend les espèces sans écailles ou élépidotes), Rhododendron (qui comprend les espèces avec écailles ou lépidotes) et Therorhodion.
On les rencontre dans les régions montagneuses (telles que les Alpes, les Pyrénées, les Carpathes et l'Himalaya). Beaucoup viennent de Chine et du Japon, et beaucoup se sont répandus en Laponie et en Sibérie.

Temet at: 20 février 2008 à 23:36 a dit…

Arf, mon pauvre ornithorynque a été délaissé :'(

{ Djac Baweur } at: 21 février 2008 à 12:33 a dit…

L'ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus) est une petite espèce de mammifère semi-aquatique endémique dans l'est de l'Australie, y compris en Tasmanie. C'est l'un des cinq monotrèmes, les seuls mammifères qui pondent des œufs au lieu de donner naissance à des petits vivants (les quatre autres sont des échidnés). C'est la seule espèce survivante de la famille des Ornithorhynchidae et du genre Ornithorhynchus bien qu'un grand nombre d'espèces fossiles de cette famille et de ce genre aient été découvertes.

{ Klari } at: 21 février 2008 à 12:34 a dit…

L'ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus) est une petite espèce de mammifère semi-aquatique endémique dans l'est de l'Australie, y compris en Tasmanie. C'est l'un des cinq monotrèmes, les seuls mammifères qui pondent des œufs au lieu de donner naissance à des petits vivants (les quatre autres sont des échidnés). C'est la seule espèce survivante de la famille des Ornithorhynchidae et du genre Ornithorhynchus bien qu'un grand nombre d'espèces fossiles de cette famille et de ce genre aient été découvertes.

L'apparence bizarre de ce mammifère pondant des œufs, muni de crochets venimeux, à bec de canard, à queue de castor, à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l'ont découvert et bon nombre de naturalistes européens ont cru à une plaisanterie. C'est l'un des rares mammifères venimeux

{ Klari } at: 21 février 2008 à 12:34 a dit…

Gnnnnnn.
A une minute près.
Arg.

{ Djac Baweur } at: 21 février 2008 à 12:37 a dit…

Pom pom pom...

(les grands esprits :o) )

Temet at: 21 février 2008 à 12:56 a dit…

:D
Ca sent le wikipedia ça!
Merciiiii

Victoire de Djac Baweur... même si grâce à Klari j'ai appris que le bestiaux était venimeux o_O'

{ Klari } at: 22 février 2008 à 13:42 a dit…

Sur le klariscope, on privilégie toujours l'exactitude et l'exhaustivité de l'information.
Na!

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