mercredi 2 janvier 2008

Ziveli Orkestar au Divan du Monde


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Ziveli Orkestar au Divan du Monde, 28 déc. 2007

J'ai oublié si le jour tsigane au Divan du Monde est le jeudi ou le vendredi. Dans la plus grande tradition des jeudis - ou des vendredis, du Divan, ce dernier vendredi de 2007, le Divan accueillait une fanfare d'inspiration balkanique, ie le Ziveli (pr. zhiveli) Orkestar.

Cet Orkestar est composé ce jour-là de deux buglistes1, deux ou trois (?) tubistes, un héliconiste, deux percussionnistes, un saxophoniste. Ils seront de temps à autres rejoints par une danseuse et/ou Djaïma, chanteuse et violoniste tsigane. En gros, les tubistes gonfleront-dégonfleront leurs joues comme des batraciens pendant trois heures, produisant le poum-pam-pam-poum sur lequel se construit la mélodie, les buglistes joueront les solos, et l'héliconiste fera des interventions discrètes, mais efficaces, alors que les percussionnistes percussionneront inlassablement.

Je suis au début un peu mal à l'aise: leur technique est irréprochable, leur son excellent, leurs morceaux léchés, les notes justes. C'est là où le bât blesse. Je ne serais pas étonnée que ces jeunes gens aient reçu une solide formation classique, et au final, j'ai l'impression d'entendre du Schubert s'essayant à l'atonalité. Ils sont d'ailleurs bien sapés, ni bedonnants ni moustachus, ce qui nous éloigne d'autant plus du modèle canonique de la fanfare des Balkans.

Mais quelques heures plus tard, au moment du n-ième rappel, on entre dans le vif du sujet. Semblant hésiter quelques instants, toute la bande, hélicon y compris, se mêle au public. Dont le dernier fusible saute. S'ensuit une bonne demi-heure de bonds désordonnés, alors que la bande, se déplaçant dans le public, fait ainsi énormément fluctuer le son. C'est une expérience assez surprenante de se retrouver le nez dans l'embouchure d'un saxophone, un hélicon-pon-pon à gauche, un bugle à droite. Eux sont un peu plus hirsutes, la veste-pantalon s'est transformée chez certains en marcel-pantalon, mais il n'y a toujours pas une note de travers. Ce qui les rend ainsi très agréables à l'oreille, mais je pense que cela les empêche d'atteindre les extrêmes émotionnels qu'on peut entendre chez le Kocani Orkestar ou chez n'importe quelle fanfare gucéenne, d'ailleurs. La chanteuse, Djaïma2, vêtue d'une improbable robe à fanfreluches roses et vertes, ne se refuse aucunement à faire grincer, gémir sa voix, et enrichit ainsi la musique du Ziveli Orkestar. Qui sont cependant excellents. Juste un brin...froid.

Un ami polonais présent au concert se transforme en Kieslowski et filme quelques instants de la scène d'hystérie collective (tu l'as mis sur Youtube?!). Deux générations de la famille klariscope étaient présentes, alors que l'une prenait des notes près de la scène, l'autre trouvait le moyen de discuter avec une demoiselle dont les parents ont vécu en Afghanistan ainsi qu'avec la danseuse...
Telle mère, telle fille.

1. Je ne sais pas reconnaître un bugle d'une trompette: sur leur myspace, ils indiquent jouer du bugle, je leur fais confiance.
2. son blog, son site, son myspace.

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