jeudi 17 janvier 2008

Dr Das au Divan du Monde (12 janv.)


2 Comms'
La soirée est amorcée par une démonstration de bharatanatyam: entre une danseuse efflanquée. Même le sari (cinq ou six mètres de tissu vous font en général gagner quelques centimètres de tour de taille) ne suffit pas à atténuer le caractère maladif de sa maigreur. Au lieu d'apprécier le spectacle, je stresse et prie pour qu'elle ne se brise pas en deux sur scène. De manière évidente, elle a suivi des cours. Elle connait les pas, et est relativement en rythme. Mais cette demoiselle est malheureusement tout sauf une danseuse : elle a un sens de l'équilibre plus que précaire, et cette jeune fille au nom bien français n'a pas cette grâce, probablement innée chez les indiennes, qui rend cette danse si élégante, voire érotique. La prestation de ce soir rappelle les spectacles de fin d'année scolaire : appliqué, touchant et un peu embarrassant.

Puis elle laisse la place à deux musiciens, un sitariste accompagné d'un joueur de tabla. Qui fait une version express de Bhairavi, un raga relativement accessible, très beau. Il raccourcit drastiquement l'alap, cette sorte de magma musical arythmique d'où émerge ensuite la tonalité, puis la mélodie (penser prélude de Rheingold), et l'excellent tabliste le rejoint très vite, pour une superbe conclusion virtuose.

Il est déjà assez tard quand Dr Das, un des membres fondateurs d'Asian Dub Foundation, entre sur scène. C'est assez difficile de définir son style, tout au plus peut-on se lancer dans une énumération: asian, electronica, drum'n bass, myspace ajoute : expérimental, punk. Et Wikipedia renchérit : breakbeat, ragga, dancehall. Ajoutons à ceci un soupçon de world music - les influence indiennes sont nettement apparentes, et une dose généreuse de militantisme.
Sur scène, le Dr Das a quelque chose de l'Energizer Bunny; il bondit sans cesse tout en jouant d'une magnifique basse noir corbeau, sans tête ( comment l'accorde t'il?), accompagné d'un batteur, d'un homme à tout faire - chargé des engins électroniques, caché derrière le vieux buffet en bois qui caractérise la scène du Divan du Monde, et d'un talabardeur, dont les interventions un peu jazzy, mais tout en retenue, donnent un relief spectaculaire aux morceaux.

Pour écouter des pistes de son opus en solo, Emergency Basslines, sur le site du label: le lien.

2 Comms':

{ Louis G } at: 18 janvier 2008 à 10:10 a dit…

En fait pour l'accordage, ça se passe de l'autre côté des cordes , on accorde pareil mais de l'autre côté.

cf :
http://www.woodbrass.com/images/woodbrass/G3T.JPG

{ Klari } at: 18 janvier 2008 à 13:13 a dit…

Coucou Louis,

Bien vu. Merci pour le lien!

La sienne, ceci dit, était plus jolie: le corps était rond, non pas trapézoïdal. Je l'ai vu tripatouiller des boutons au-dessous du chevalet à un moment, je me demande si ce n'est pas avec ceux-ci qu'il accordait sa bécane? Va savoir..

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