mardi 15 janvier 2008

California Dreamin'


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Dans la file dernière minute de Pleyel, je continue de me poser des questions: California Dreamin' ou un programme musical 100% tchèque1? California Dreamin' l'emporte. Provisoirement. Pour encore hésiter, quelques instants plus tard, entre le dernier Lounguine et le premier et dernier Nemescu, primé à Cannes, que j'attendais depuis mai.

Flash-back, 1944. Une bombe maladroite, tombant pesamment d'une marche à l'autre dans un escalier brinquebalant, poursuit un petit garçon en culottes courtes, qui déjoue ses desseins en se dissimulant dans une encoignure de porte. Le ton du film est donné: comique, tragique, tendre, flirtant avec le fantastique et un peu cynique par endroits.

La majeure partie du film se déroule à Capalnita, petite ville hongroise roumaine coincée dans un repli de la carte, où, grosso modo, des soldats ricains, soumis à la volonté du tyran local, un chef de gare haut-en-couleurs, passent le temps, contant fleurette aux jeunes filles du cru.

Jusque là, rien d'exceptionnel. Mais Nemescu a, ou plutôt avait, une voix bien à lui. J'ai en effet rarement vu un film où les possibilités de l'image sont aussi bien exploitées. Ce n'est jamais pédant, mais rien que par un cadrage savamment bancal, il sait refléter l'humour d'une situation, créer des atmosphères bien particulières. La majorité des plans du film sont ainsi très expressifs, très beaux, sans pourtant forcer. En effet, le lascar n'a pas le côté horriblement exubérant d'un Kusturica (qui tend à être au cinéma ce que Mika est à la musique), ni le côté carte-postale de Tony Gatlif. Cà se rapprocherait à la rigueur plus d'un Vodka-Lemon, saupoudré de fantastique, d'un poil de cynisme, et de beaucoup plus d'humour. Ou d'un Mikhalkov des débuts.

Le film est pimenté grâce à quelques personnages plus farfelus que les autres: un gros tsigane moustachu hongrois2, accompagné d'un accordéon, d'une contrebasse et d'un cymbalum, chante du Elvis dans une kermesse incongrue et bon enfant. Un jeune traducteur inventif. Un couple d'amoureux, dépeint dans une superbe scène d'amour explosive3.

Un superbe film, où vous devriez vous tenir les côtes jusqu'au dénouement, assez cruel, qui teindra d'une pointe d'amertume la joie d'avoir vu un très bon film. Inspiré d'un fait divers réel, comme il n'en arrive qu'en Europe Centrale.
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1. Dvorak, Smetana. J'ai tendance à trouver Smetana un peu tarte-à-la-crème.
2. ceci est en effet une sorte de triple pléonasme
3. SPLOILER! : une superbe scène, où les ébats des jeunes gens font danser les plaques d'égouts, sauter les fusibles, etc.

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