mercredi 5 décembre 2007

Mozart et cie, Orchestre d'Ile de France (Salle Gaveau)


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Salle Gaveau, 20h, Orchestre National d'Ile de France, Augustin Dumay, violon et dir.
Mozart - Adagio pour violon et orchestre en mi majeur K 261 et Rondo pour violon et orchestre en do majeur K 373
Beethoven - Romance pour violon et orchestre #2 op.50
Mozart - Concerto pr violon et orchestre # 3 en sol majeur K 216
Schubert - Symphonie # 5 en si bémol majeur

Sur le programme du concert on peut lire, à propos de Mozart enfant, souhaitant jouer la partie de second violon d'un trio : "son père le gronda de cette demande enfantine, lui disant que puisqu'il n'avait pas reçu de leçons, il ne devait pas être en état de bien jouer. Le fils répliqua que pour jouer le second violon, il ne lui semblait pas indispensable d'avoir reçu des leçons".
Vexant.
Les pièces de Mozart sont en tout cas parfaitement mozartiennes : c'est lumineux, cristallin, etc (insérez ici les poncifs de votre choix). L'orchestre est livré à lui-même, Augustin Dumay ne pouvant accorder son attention à l'orchestre qu'occasionnellement. L'orchestre est aussi convaincant que d'habitude. On me fera plus tard remarquer que le premier violon a passé une soirée assez sportive : il dirige avec moult coups de tête, mouvements d'épaule et autres mimiques. Je pensais naïvement qu'il ne s'agissait que de la légendaire fougue du musicien.
Augustin Dumay est moins convaincant : il a un son magnifique, mais un jeu un brin pédant. Je crois que moins on en fait chez Mozart, mieux on se porte. Il joue de malchance, alors que, pendant la première cadence, d'un côté,une tousseuse olympique se réfugie dans le foyer pour tousser de tout son cœur, (mais on l'entend quand même distinctement) et de l'autre, les énergiques poc-poc de ses doigts sur le manche couvrent presque le son du violon. L'effet est un peu surprenant.

Ensuite, un bon Beethoven , archi-classique, mais une superbe cadence (ne me demandez surtout pas de qui, je n'en sais fichtre rien) résolument moderne, très belle, en grande partie en doubles cordes, ce qui est toujours agréable, n'est-ce-pas?

Après l'entracte, Schubert. Je gémis intérieurement, j'ai une sainte horreur de Schubert. En règle générale, j'ai d'ailleurs une aversion déclarée pour tout ce qui date du XIX-ième. N'espérez pas me convaincre de retourner au musée d'Orsay ou de relire Zola. Enfin, nuançons toutefois : Schubert, c'est supportable dans le détail : les thèmes sont jolis, l'orchestration est splendide (et généreuse : il n'oublie personne, et les contrebassistes ont un rôle nettement plus conséquent que d'ordinaire, au delà d'un doux voohm-voohhhm d'accompagnement), les couleurs sont superbes, mais dieu que c'est pénible: il s'excite dans un élan sturm und drangesque, puis subit un gentil reflux, ensuite s'énerve à nouveau (de la même manière, musicalement parlant, que la première fois), puis tombe dans une mélancolie morbide, et ainsi de suite, ad libitum. Ces montagnes russes émotionnelles sont très pénibles et font paraitre la symphonie bien plus longue qu'elle ne l'est en réalité, ce qui illustre de manière parfaite la célèbre blague du consultant.

Mais l'orchestre est en pleine forme, précis jusqu'à la moindre triple croche, toujours aussi peu bisseur que l'année dernière, on peut le regretter. Mais sympa et détendu : un petit groupe de musiciens papote tranquillement sur le trottoir avant et après la représentation (fournit en cas de besoin du feu aux blogueurs imprévoyants dépourvus de briquet : merci), alors qu'Augustin Dumay, tout seul, file tristement à l'anglaise et semble se cacher dans une encoignure de porte avec son violon.

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