samedi 29 décembre 2007

Docteur Qui?


6 Comms'
Enfin trouvé un prétexte pour mentionner Doctor Who sur le blog: comme des millions de petits et grands-bretons, j'ai pu regarder le "Christmas Special", l'équivalent de la bûche de Noël en Angleterre, puisque d'après le Times, le Docteur is quintessential to being British. Ceci ne suffirait pas pour mentionner cette série sur le blog (ceci n'est pas un blog anglophile), mais il se trouve que le Docteur a laissé sa griffe non seulement sur le paysage télévisuel anglophone contemporain1 mais aussi - et surtout, sur la musique. Cette série a en effet accueilli les premiers pas de la musique électronique.

Pour résumer: si vous voulez lire un mini-commentaire de l'épisode de Noël (une sorte de naufrage inter-galactique d'un Titanic), cliquez ici; si vous souhaitez plutôt lire un petit blabla sur la musique du Docteur, veuillez vous rendre ; et si vous n'avez jamais entendu parler du (séduisant) docteur, une introduction succincte ici.
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Il fallait une musique d'avant-garde pour une série dont le héros voyage dans le temps et l'espace. Mission accomplie avec le thème, un morceau de bravoure électronique, à une époque où presque rien n'avait été fait en musique électronique. Le thème de la série a bien failli être composé par des français : les Structures Sonores. Ceci n'ayant pas abouti, le BBC Radiophonic Workshop s'y colla donc. Pas entièrement toutefois : Ron Grainer compose le thème, le Workshop se charge de l'orchestrer.
Le BBC Radiophonic Workshop, c'est un ramassis de geeks, qui, alors que les Beatles grattaient de timides tzouings sur leurs guitares et plaquaient de sympathiques accords sur leurs pianos, expérimentaient avec clés, cordes de piano désaccordé, embryons de synthétiseurs, etc. L'équipe, Delia Derbyshire en particulier, effectuent en travail d'une telle qualité que Ron Grainer insiste pour partager les royalties avec eux. Les gratte-papier de la BBC l'empêchent.
Voici ainsi le petit zigouigoui qui devrait vous permettre d'écouter le thème de la série2:

En tirant sur quelques mèches de cheveux, on peut dire que le Docteur a également promu la cause du féminisme: Verity Lambert, décédée en 2007, à la mémoire de qui est dédié cet épisode de Noël, est l'une des toutes premières productrices de télé anglaises. C'est ainsi elle, il y a une grosse quarantaine d'années, qui produisit les premières saisons de cette série désormais culte.
Et Delia Derbyshire, du BBC Radiophonic Workshop, que Decca avait quelques années plus tôt envoyée paître ("Nous n'employons pas de femmes, ici"), est également l'une des premières femmes à travailler dans un milieu traditionnellement masculin.
Pour ceux qui veulent réellement tout savoir sur la musique du Docteur, un passionnant article écrit par Mark Ayres, compositeur anglais, qui a contribué à la musique de la série une bonne décennie plus tard, puis fut entre autres responsable des archives du BB Radiophonic Workshop.
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Les Whovians salivaient depuis des mois, depuis la fin de la dernière saison plus précisément.. On ne savait que peu de choses sur l'épisode de Noël, puisque l'intrigue d'un épisode du Docteur est l'un des secrets les mieux gardés de la BBC.
Ainsi, on savait: que David Tennant continuait d'interpréter le rôle-titre, que Kylie Minogue venant lui ternir compagnie, que pléthore d'excellents acteurs anglais venaient leur prêter main-forte, et qu'un Titanic était concerné. Bref, les ingrédients de base étaient prometteurs.
Or:
- Kylie Minogue ne sait pas jouer,
- les scénaristes - alors que les derniers épisodes de la saison précédente étaient excellemment bien écrits, sont en petite forme. Les personnages secondaires - y compris les gentils, meurent les uns après les autres, sans que le spectateur ne se sente concerné. Il y a bien un cours, à l'école de scénariste, qui explique comment créer un sentiment d'attachement chez le spectateur, je suppose?
- le méchant a beaucoup moins d'envergure que d'ordinaire. Un peu terne.
- les blagues sont mauvaises. Même celles en français : "Allons-y, Alonso", on a fait mieux. Je préférais quand le Docteur citait Shakespeare.
- un épisode typique du Docteur vous fait théoriquement craindre pour la survie de l'univers, ou du moins de la galaxie. Pas ici.
Mais:
- Kylie Minogue ne joue que dans la première moitié de l'épisode. Ouf!
- les décors du Titanic sont superbes,
- David Tennant et son accent, aussi,
- on peut apprécier un sympathique clin d'œil à la Reine d'Angleterre et ses corgis,
- cela permet de tenir jusqu'au printemps.
Et surtout on peut découvrir le thème musical flambant neuf de la nouvelle saison.
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Doctor Who is "quintessential to being British", lit-on dans le Times...
Le premier épisode de Doctor Who fut diffusé le lendemain de la mort de Kennedy. Dommage, car étant, paraît-il, fan des livres de Ian Fleming, il aurait probablement apprécié l'humour pince-sans-rire du Docteur, alors joué par William Hartnell. Le concept du Docteur? Le Docteur est un Time Lord (n'est-ce pas autrement plus prestigieux qu'agent du MI-6?), né à Gallifrey, âgé de quelques 900 printemps extrêmement bien portés, muni d'une TARDIS.
Une TARDIS (acronyme de Time And Relative Dimension in Space) est un vaisseau capable de voyager dans l'espace comme dans le temps, et qui a surtout la particularité d'être beaucoup plus grande que son aspect extérieur ne le laisse penser. Alors que le mot "TARDIS" est une propriété de la BBC, le terme est toutefois entré dans le langage courant, désignant tout objet plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur. Un sac à main, par exemple. On retrouve également l'expression dans Quite Ugly One Morning de Brookmyre, un bouquin génial.
Une série dont le premier épisode a été diffusé en 1963 ne peut pas décemment conserver le même casting. Même si certains reviennent discrètement sur les lieux de leurs méfaits. Dix docteurs se sont ainsi succédés. Après deux décennies sans Docteur, Christopher Eccleston (Jude, Heroes) reprend le rôle, accompagné de la charmante Billie Piper. L'année suivante, Eccleston songeant déjà probablement à jouer les hommes invisibles, David Tennant (Harry Potter) reprend le flambeau. Très agréable si on aime les grands rouquins à l'accent écossais, il donne un petit côté excentrique au Docteur, en opposition avec le Dr version Eccleston, plus paisible. Il est par ailleurs l'un des rares hommes à pouvoir porter des Converse avec un smoking sans être ridicule. L'animal a plusieurs cordes à son arc, et on pourra l'admirer cet été en Hamlet avec le RSC. En compagnie de Patrick Stewart dans le rôle de Claudius: comme le fait remarquer avec humour une blogueuse du Guardian, il ne manque guère plus que Sarah Michelle Gellar dans le rôle d'Ophélie pour un Hamlet 100% sci-fi.
Dans un épisode type de la série, le Docteur, armé de son tournevis sonique (si on me demande, çà fait un peu SY avant l'heure) va défendre la moitié de l'humanité contre: des boîtes de conserve belliqueuses, des monstres gluants, des cyberhommes bêtes comme leur pieds métalliques, le tout saupoudré de références historiques et de blagues comme seuls les anglais savent en distiller.
Mais pour plus d'infos sur le monde fascinant du Docteur, il vaudrait mieux vous référer aux articles de Wikipedia sur le Docteur, le phénomène typiquement britannique du behind the sofa, les Daleks (ces féroces boîtes de conserve), l'écharpe du célèbre Fourth Doctor, le fidèle K93, etc.

1: çà ne veut rien dire. Je sais.
2: si cela ne marche pas, il faut venir faire coucou sur le blog.
3: il m'a fallu quelques semaines avant de comprendre la blague. Ahem.

6 Comms':

Temet at: 2 janvier 2008 à 21:55 a dit…

Je me suis justement envoyé la saison une pendant les fêtes.
Là, c'est la saison trois qui passe sur France Quatre en ce moment.
C'est kitch, c'est con avec des effets spéciaux pourris... bref, j'adore! ^^

{ Klari } at: 3 janvier 2008 à 15:59 a dit…

Oh oui! Ah, Eccleston en docteur, que du bonheur!
Vivement la saison 4..

Je ne savais pas que le Docteur est diffusé en France (doublé? sous-titré?) , mais comme je n'ai pas la télé, il va falloir trouver d'autres moyens pour prendre sa dose hebdomadaire.

Je vais faire un petit tour sur ton blog - que je ne connais pas encore, de ce pas.

Temet at: 3 janvier 2008 à 17:16 a dit…

Bah j'étais un peu tristounet à l'origine de quitter Eccleston (ça change de l'image qu'il donnait dans "28 jours plus tard").
Mais David Tennant est encore plus déjanté et franchement, on n'est pas perdant, les deux acteurs sont formidables.

Sinon, ça passe en Français. Je n'ai jamais vu en VO donc ça ne me choque pas trop. Et avec le jargon néo-martio-logique, ça doit être chaud en VO sans ST quand même ^^

{ Klari } at: 4 janvier 2008 à 14:49 a dit…

Tu sais, je fais partie des fascistes inconditionnels de la vo. Il parait que c'est comme le café sans sucre, quand on s'y met, c'est pour la vie.

L'accent, et l'élocution bien particulière de David Tennant ajoutent un cachet particulier au personnage. C'est notamment savoureux dans l'épisode aux loups-garoux où il reprend son phénoménal accent écossais. (çà m'aurait embêtée de rater çà!).
Quand au jargon, bah, quand je large, je me plonge dans ses yeux pétillants de docteur illuminé, et çà passe tout seul ( de toute façon, même si je comprenais tous les mots, ses solutions miracles sont tellement farfelues...)

Mais vivement la saison 4.

{ la belle bleue } at: 5 janvier 2008 à 12:19 a dit…

J'ai également découvert le Dr Who grâce à sa diffusion sur la TNT, juste une saison, qui donne vraiment envie de voir le reste. J'adore les séries fantastiques et de SF, et celle-ci est bien ficelée. Tout cet article donne grand'faim!

{ Klari } at: 5 janvier 2008 à 18:07 a dit…

Merci, c'est flatteur!
N'hésite pas à voir le reste, c'est un régal.. C'est quand même fichtrement étrange que cette série soit relativement inconnue en France alors que d'autres (The Avengers) ont pu traverser la Manche bien plus rapidement.

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