mardi 11 décembre 2007

Concerto pour harpe et brouhaha


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Serafina Steer, Flèche d'Or, 10/12/2007
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La Flèche d'or s'embourgeoise de jour en jour : en trois semaines, j'y ai aperçu deux violons, une flûte traversière, un violoncelle et hier, une harpe. Le jour où ils inviteront le Philharmonique de Berlin n'est pas loin (et je serai là).

L'ingé' son de la Flèche d'or, d'ordinaire (un peu trop) généreux avec le volume sonore, est manifestement soit en vacances, soit déconcerté par cet instrument exotique. Il me faut tendre l'oreille pour écouter les morceaux couverts par le brouhaha ambiant, et je loupe malgré tout une mesure sur trois. Nous sommes une poignée à ne plus savoir quoi inventer pour entendre une ou deux notes de plus.

J'étais un peu perplexe, au début, de la voir seule sur scène avec sa harpe (hormis une chanson pendant laquelle son banjoïste de frère l'accompagne) : voix et harpe, c'est a priori un peu léger. Ah, les préjugés. Elle a beau être une petite puce toute mignonne, elle ne manque ni de présence scénique ni de pouvoir de conviction.

Elle maîtrise son instrument à la perfection ( ce qui, renseignements pris, n'est pas étonnant, elle a reçu une solide formation classique au Trinity College of Music de Londres) dont elle se sert, soit pour créer des images sonores un peu debussiques, soit pour s'accompagner, à la fois mélodiquement et rythmiquement. Elle s'amuse parfois à sortir du traditionnel registre de tzouings de la harpe, en glissant un ongle contre une corde, par exemple.. Elle a un très joli timbre, sa voix est parfois puissante et assurée, parfois un peu hésitante, flirtant dangereusement avec la fausse note, ce dont elle joue de manière tout à fait consciente - mais pas encore entièrement maîtrisée, créant ainsi des ambiances sonores un peu dérangeantes. Elle alterne des passages chantés avec des sortes de récitatifs.

On lit un peu partout qu'elle serait la nouvelle Joanna Newsom. Certes, elles jouent du même instrument, mais de grâce, ce n'est pas un argument valide (toutes les hongroises ne sont pas des Elizabeth Bathory, par exemple). Par ailleurs, je trouve Joanna Newsom excellente techniquement, mais moins touchante : les libertés que prend Serafina Steer avec le rythme et la justesse lui donnent un aspect vulnérable redoutablement émouvant.

Partie comme une voleuse à la fin de son trop court (et inaudible) concert, je ne me suis pas procurée son disque , et je le regrette amèrement. En effet, je doute que vos disquaires préférés en disposent, Amazon.fr cependant l'aurait en stock. En tous cas, j'ai hâte de la revoir dans de meilleures conditions, en attendant, il reste myspace, youtube et son blog. Et de jolies vidéos à visionner sur le site de la bbc.

Merci à Cécile de Flickr pour m'avoir gracieusement autorisée à reproduire cette photo !


Sainte Cécile was looking after me tonight : I arrived just on time for the second leg of tonight's concert series at la Flèche d'Or. I usually arrive two hours early or during the last song of the band I'm set to see. Having missed so many great gigs lately (Bishop Allen, two sad weeks ago, Caribou etc.), I didn't want to miss such a promising one.

A solo performance by a harpist and singer is a rare event, especially by flèche d'or standarts. The article on Wikipedia lists as main influences : classical, folk and kitchen sink. Yep, kitchen sink. Although I disagree with this analyse, the article on kitchen sink realism deserves a read.

Anyway, although it seems she started putting bread on her table rendering cheesy songs at weddings and other such functions, she (thank god) developped a much grittier and (thus) more interesting style. Unfortunately, the audience at the Flèche d'Or didn't seem to agree and many didn't judge her performance worth shutting one's mouth for a few minutes. Nor did the sound engineer, who proved a wee bit too anxious to preserve the audience's ears. In short, I heard very little, and had to guess much of what she sang/played.

But what I heard was lovely, in a quirky and sometimes almost off-key way : although her work remains definitely melodic, she seems to focus on creating atmospheres, conveying feelings (that can change very quickly within a piece), rather than writing a singalongable song. Incredibly talented as a harpist, she uses the instrument in a very creative way, much more compelling than the polite tzouings usually heard from within an orchestra. Her voice is beautiful, but I'd say there's still a little bit of work to be done there : the material is good, but she might benefit from a little more work on her voice. Well, she's still very young, anyway. But I can't wait for more.

Picture courtesy Cécile, met on Flickr there.

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