lundi 13 août 2007

Susheela Raman - Paris Plage, 11 août.


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Note: la plupart des titres de chansons mentionnés renvoient vers le fichier mp3 correspondant. Si vous avez le temps et/ou l'envie, profitez-en.

Susheela Raman avait beau être indiquée en caractères gigantesques sur l'affiche du festival Indétendances, elle est pourtant passée en première partie d'une illustre inconnue (en ce qui me concerne) : une jolie rapette martiniquaise gambadant énergiquement sur scène, tout en minaudant des chansons d'une mièvrerie consternante. Tout à fait oubliable.

Le concert de Susheela Raman? Loupé, donc. Et pourtant j'avais pris soin de re-écouter ses albums pour être fin prête pour ce concert. Beaucoup de matière puisqu'elle sort, avec une régularité de métronome, un album tous les deux ans, depuis Salt Rain (2001). L'ennui, c'est que ses albums sont de moins en moins intéressants avec le temps.

Le tout dernier, 33 1/3. Avec un titre pareil, je m'attendais à un album solide, avec du caractère. Déception. Une série de reprises : Like a Rolling Stone, Where Did You Sleep Last Night, Ruler of My Heart, etc. C'est ambitieux de reprendre ces titres après un Bob Dylan, Nirvana ou encore Otis Redding1. Susheela Raman se casse donc les dents, et produit un album qui mérite une place d'honneur dans le rayon musique d'ascenseur chez Gibert. Non, une belle voix, de beaux morceaux, une tabla et un violoncelle en arrière-plan pour faire bonne mesure ne suffisent pas; les ingrédients, pris séparément, sont excellents, mais il manque cruellement cette fameuse petite étincelle sans laquelle, etc.

Le précédent, sorti en 2005, intitulé Music for Crocodiles, est nettement plus intéressant. Peu d'informations sur son site, où Melle Raman s'étend plus longuement sur ses spécialités culinaires favorites2 que les tenants et aboutissants de l'album. Je trouve que c'est l'album où elle marie les influences carnatiques et occidentales le plus harmonieusement, en particulier sur les pistes Light Years et Chordhiya. Une petite faute de goût toutefois: une chanson en français, l'Ame volatile, assez jolie, mais dont les paroles sont d'une bêtise affligeante. Ceci dit, si je devais recommander un seul et unique album de Susheela Raman, je recommanderais certainement Music for Crocodiles. Quoique. J'hésiterais longuement avec Love Trap.

Love Trap (2003) est beaucoup plus intéressant que le titre ne le laisse penser. C'est le plus indien de tous ses albums, une majorité de chansons en sanscrit et en telugu, et quelques invités de marque, venus d'autres horizons : Tony Allen (percussions nigériennes), et Albert Kuvezin (chant diphonique).
Blue Lily Red Lotus (ma préférée de l'album, si vous tenez à le savoir) est une magnifique chanson, très sobre, épurée, sur un arrière-plan sonore de tambura, qui met en valeur la magnifique voix de Susheela Raman. Pas une note superflue, pas d'effets de manche. Ye Mera Divanapan Hai est la seule chanson en hindi de l'album, ce morceau donne par ailleurs une idée assez fiable de ce que pourrait être une bonne vieille chanson à la Bollywood si on ôtait au préalable tous les falbalas et fanfreluches qui rendent le tout écœurant : la version originale, par Mukesh, est par exemple nettement plus chargée. Mira Nair ne s'y est pas trompée, elle a en effet utilisé à ses propres fins ce morceau dans le film The Namesake. Les autres pistes de l'album sont tout aussi intéressantes, des extraits sont disponibles ici.
Réflexion faite, c'est l'album que je recommanderais.

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1: un excellent site permet de savoir qui a bien pu écrire la version originale d'une chanson, qui l'a reprise, etc : Secondhand Songs.
2: quelques liens utiles : recette du biryani poulet et du masala dosa.
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Blue Lily Red Lotus (malheureusement non disponible sur le site de Melle Raman, que j'enlèverai du blog dans quelques jours, pour éviter de m'attirer les foudres de ses avocats. Et de la Sacem.)

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