mercredi 27 juin 2007

Le Chanteur de Mexico au Châtelet, la chroniquette.


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Le Chanteur de Mexico, Théâtre du Châtelet, Orchestre National d'Ile-de-France.

Si j'avais pris des billets pour le Chanteur de Mexico, ce n'était pas pour ajouter un volet opérette au klariscope, qui a déjà tendance à partir dans tous les sens. Il s'agissait d'une opération nostalgie, en hommage à ma petite enfance, et surtout à mon frère, qui écoutait les cassettes jusqu'à ce que, la bande abîmée, les voix des chanteurs deviennent de la purée inaudible.

Des places au poulailler du Châtelet pour le Chanteur de Mexico. La laideur de l'affiche, immanquable ces derniers temps dans le métro, aurait du me mettre la puce à l'oreille. Des couleurs vives et laides, un florilège des plus kitschouilles : fuschia, orange, vert pomme tendance fluorescente, et le reste à l'avenant. J'aurais du me méfier : si mes oreilles ont grandi avec Luis Mariano, elles ont ensuite mûri avec la version de Roberto Alagna, qui se débrouille étonnamment bien dans ce registre. Sans affectation, avec une voix joyeuse, primesautière, un vibrato discret (ouf).

Le metteur en scène a, de manière évidente, voulu faire de cette production un spectacle drôle et entrainant. Les acteurs (dans les parties non chantées, qu'on aurait du couper) essayent d'être plus drôles l'un que l'autre, ce qui ne réussit guère qu'à donner un rythme pesant, affecté à ces scènes. Rappelez-vous, la dernière fois que vous avez été voir une mauvaise comédie au théâtre, les quelques instants que les acteurs insèrent après ce qui se veut une plaisanterie, paraissent souvent très très longs. Même chose ici. Soit les jeux de mots ne sont franchement pas drôles, soit ils sont prononcés d'une voix haut perchée absolument incompréhensible (surtout dans le cas de Rossy de Palma). Zéro pointé pour la mise en scène. Quoique, à la fin du spectacle, je me suis surprise à étouffer un gloussement. Mais je pense avoir ri de, et non pas avec.

Les décors...Comme l'affiche. Une orgie de couleurs, des fleurs géantes en papier-mâché, une sorte de corne d'abondance en carton-pâte sur laquelle se juche le chanteur pour chanter "Mexico" et "Acapulco". Vêtu en plus d'un costume ridicule. Il a probablement du se faire charrier par ses collègues pendant les répétitions. Bizarrement, les couleurs des costumes et des décors s'harmonisent plutôt bien, et l'ensemble est visuellement agréable, pour peu qu'on plisse légèrement les yeux et fasse la mise au point quelques kilomètres au-delà de la scène.

Les chanteurs sont inégaux, dans l'ensemble toutefois plutôt mauvais. Mathieu Abelli, qui tient le rôle de Vincent, n'est certes pas mauvais, mais sa voix est peu trop fluette pour tenir ce rôle. Techniquement irréprochable, il manque cette générosité, cette exubérance, qui rendaient Luis Mariano et Roberto Alagna plus que crédibles dans le rôle. Ainsi, Mathieu Abelli n'arrive guère à la cheville de cet espagnol anonyme, venu du pays basque (évidemment!) rendre visite à sa fille, qui avait ébloui le public d'un karaoké un peu sinistre, aux environs de la gare de l'Est, il y a quelques mois de ceci, quelques heures avant l'aube. Pour info, c'est l'unique fois où j'ai pu assister à une standing ovation dans un karaoké. Josy s'en rappelle.

Mention spéciale pour l'orchestre, qui, s'il a eu, me semble-t'il, un peu de mal à se mettre en route, a été franchement éblouissant, notamment dans l'intermède orchestral qui précède "Mexiiiiiiiiico". Merci aux musiciens pour m'avoir aussi fait rire : un des flûtistes, se croyant bien caché dans la fosse, a chipé l'archet de sa voisine, calé sa flûte au creux de l'épaule, et essayé d'en jouer comme d'un violon. Ouaip, c'est le genre de choses qui me fait rire. Mention spéciale au hautboïste qui a envoyé une gifle à son voisin clarinettiste, pendant les bis.. Et l'accordéoniste (!) caché au fond de l'orchestre, qui écoeuré, est rentré chez lui au beau milieu de la seconde partie.

Malgré les (nombreux) défauts de cette production, je dois avouer que je suis ressortie du théâtre du Châtelet un grand sourire aux lèvres, et l'envie de siffloter, voire de fredonner un mexiiiiiiiiiico, dans la cabine de douche la plus proche. En conclusion, allez-y, mais n'investissez pas dans une place dans les étages inférieurs. Le poulailler (amphithéatre haut, appellent-ils cela..) fait très bien l'affaire: d'une part, les six étages du Châtelet, c'est très bon pour les gambettes, d'autre part, le spectacle ne vaut certainement pas plus de 15€!

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Pour la petite histoire, je me baladais, violon sous le bras, le jour où j'ai acheté ces tickets. Le portier du Châtelet m'a accueuillie ainsi "Vous venez pour la répet'?". J'ai rougi et bafouillé "Euh, non, la billeterie". Je suis repartie extrêmement flattée de pouvoir passer, de loin, pour une violoniste professionnelle. Ha!

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