mardi 8 mai 2007

Danses hongroises par l'Orchestre d'IDF


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Danses hongroises (Brahms, Kodaly, Bartok, Liszt) - Orchestre national d'Ile-de-France , Maison des Arts et de la Culture de Créteil.

C'est un programme fichtrement hétéroclite, me faisant penser à un repas camembert - île flotttante - soupe - plat de résistance. Pour la première fois de ma vie, j'ai assisté à un concert où on a commencé par les bis. C'est pour le mois déroutant, voyez plutôt.
Brahms - Danses hongroises
Liszt - Concert pr piano #1*
Bartok - Deux images op.10
Zoltan Kodaly (-aly se prononce comme aill dans ailloli), Variations sur un thème hongrois "Le Paon"

La grande salle de la MAC de Créteil est magnifique (et ce qui ne gâte rien, bondée) : comme me le fait remarquer mon compagnon de concert, l'acoustique est étrange, le son un peu étouffé. Bien que nous soyons assises au sept- ou huitième rang, le son parait un peu lointain. Pourtant la scène est bien remplie (une bonne soixantaine de cordes, une grosse vingtaine d'instruments divers et variés : cuivres, vents, percussions..).

On commence donc par le bis : hop, l'orchestre se lance dans une série de danses, dites hongroises, de Brahms. De préférence celles que l'on peut siffloter yeux et oreilles bandées, celles qui font frétiller les doigts de pied. Certains des musiciens dodelinent de la tête, d'autres tapent frénétiquement du pied. Comme un bis. Même si c'est assez inhabituel, je ne trouve pas çà complètement idiot : c'est un vendredi soir, tous les spectateurs ont derrière eux une semaine de travail (beurk), il est tard, pourquoi ne pas commencer par des morceaux accessibles et euphorisants ?

Un moment de flottement alors que certains des musiciens quittent la scène pour que les techniciens puissent installer le piano. L'orchestre revient, dans le désordre. D'abord au compte-gouttes, puis en meute, dans un joyeux désordre. Le (très jeune) pianiste , Jean-Frédéric Neuburger, arrive. Il se trompe de chemin, se retrouve coincé entre deux pupitres, des violonistes lui donnent des indications afin qu'il puisse arriver à son piano bien-aimé. Assis au piano, le jeune adolescent voûté, mal à l'aise, se métamorphose en jeune homme sûr de lui, triomphant.
Ce qui ne l'empêche en rien de massacrer les premières mesures du concerto # 1 de Liszt. C'est une oeuvre certes un brin kitsch, (il ne parvint guère à distinguer la rareté du poncif (...) on qualifie habituellement de trivial, Bartok), mais bourrée d'énergie, un peu violente aussi. Et il la prend sur un temp de berceuse (je me suis effectivement assoupie quelques secondes au cours du 3-ième mvt, pourtant un allegretto vivace), et joue d'une manière caricaturale, exagérée, presque drôle. Parfois son jeu me fait penser à du Chopin, ou du Mozart mal joué. Bref, ce morceau, tout sauf rigolo, est rendu insipide et un peu ridicule.
Il arrive d'une manière ou d'une autre au bout du concerto, après quelques allers-retours coulisses-scène - manquant renverser moult pupitres au passage, tordant de manière angoissée les pans de sa veste, s'asseoit de nouveau, sans trop se faire prier, au piano et entame un Bach. Si on me demande mon avis, il faut être un très , très , très grand pianiste pour se permettre du Bach en bis. Midori n'hésite pas à jouer la Chaconne en bis, et elle peut se le permettre, Anderszewski aussi, mais son Bach est exceptionnel et dérangeant. Et c'est tant mieux.
Mais ce jeune homme ? Je ne trouve pas les mots pour décrire son Bach, soyez assurés que c'était tout à fait oubliable.

Entracte.

Après ces hors-d'oeuvres, le plat de résistance : du Bartok et du Kodaly. Je ne connais pas très bien Bartok, mais je n'ai rien écouté encore de lui qui m'ait déplu : c'est un brin dissonant, mais encore très mélodique, rempli de sonorités nouvelles, très classiques à la fois, même les passages enjoués restent sombres, évoquant peut-être ce destin impitoyable qui s'acharne de toute façon sur la Hongrie. On ne demande plus de l'orchestre uniquement des sons proprets, très dix-neuvième. Les archets peuvent maintenant grincer un peu, c'est beaucoup plus intense.

Au moment du Kodaly, il ne me reste par contre plus beaucoup d'attention à dédier à la musique. Je suis ainsi faite qu'après une heure, une heure et demie, mon cerveau se déconnecte et sombre dans une douce rêverie. Ce qui me permet de conclure que ce morceau était très bien, et très bien joué. Il ne reste plus qu'à se procurer un enregistrement et le commenter ici.

De manière guère surprenante, l'orchestre se lève comme un seul homme et quitte la scène en courant, sans faire mine de jouer le moindre bis. Déjà fait, non?

*n'a pas encore d'article wikipedia (on s'y colle?)

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