mercredi 30 mai 2007

Budapest - Munich : kif-kif bourricot


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(attention, note lourdement chargée de photos)

J'aime beaucoup Budapest, et c'est un sentiment que je partage apparemment avec de nombreux cinéastes. Les beaux jours venus, on ne peut plus se rendre d'un point A à un point B sans devoir faire un détour à cause d'un tournage impromptu. Ceci dit, en hiver aussi, mais restant terrés bien au chaud chez soi, on ne s'en rend pas compte.

Le tournage de Munich, réalisé en grande partie à Budapest, avait fait beaucoup de bruit à l'époque. J'habitais alors dans la rue Rumbach Sebestyén, une rue paisible du quartier juif. Pas très loin d'un grand terrain inoccuppé, réquisitionné pendant de longs mois par les camions-vestiaires, camions-bouffe, camions-maquillage de l'équipe. Malgré ceci, je n'ai pas jamais eu la chance de croiser Daniel Craig faisant des emplettes à l'épicerie du quartier.

Mais revenons à nos moutons magyars: Budapest, grande actrice, joue le rôle de Paris, de Rome, et de Munich. Spielberg, dans une logique qui me dépasse, s'est dit "Ha! Je vais déplacer la caméra de deux mètres, remplacer cette enseigne en français par une enseigne en italien, et hop! On n'y verra que du feu". Peut-être pensait-il tromper un public américain, mais pour un public budapestophile, Budapest sera toujours Budapest. Surtout quand l'opéra de Budapest est constamment dans l'arrière-plan de ces images romano-parisiennes. En outre, cela empêche complètement de rentrer dans le film. Alors que l'un des méchants est sur le point de se faire sauvagement descendre dans une entrée (toujours dans le quartier de l'Opéra), ce ne sont pas des questionnements moraux sur le bien-fondé de cette exécution qui vous traversent l'esprit, mais des interrogations, bien plus prosaïques, telles que "Ah? Mais ce n'est pas le coin du magasin Nespresso qui vient d'ouvrir à coté de l'opéra?" "Mais on n'avait pas été à une excellente crémaillère, au troisième étage de cet immeuble?" .

J''aimerais partager avec vous quelques captures d'écran de Rome/Munich/Paris, bref, de Budapest. En toute illégalité, mais Spielberg et son équipe n'ont pas montré la moindre honnêteté intellectuelle en tournant la moitié du film dans la même rue, censée représenter au moins trois villes différentes, n'est-ce pas? Peut-être Londres aussi.

L'Opéra de Budapest, pourtant non crédité dans le générique, tient un rôle conséquent dans le film: Spielberg filme ce magnifique bâtiment avec beaucoup de tendresse, sous tous ses angles (au sens littéral du terme, j'ai en effet cru reconnaître les quatre faces du bâtiment dans le film), il est manifestement tombé sous le charme.

Voici la face Ouest de l'opéra, derrière une trattoria romaine. Dans la vraie vie, il n'y a pas de trattoria dans cette rue, mais en remontant sur le Nord, il y a effectivement une zone piétonne avec de petits cafés - terrasses très agréable. De l'autre côté de l'Avenue Andrassy, un magasin Nespresso. La vague du café ignoble qui se fait passer pour du café chic n'a pas épargné Budapest.

La face Sud, maintenant. Cette vue est prise lorsqu'on se tient au beau milieu de l'avenue Andrassy, dos au désormais célèbre magasin Nespresso de Budapest, vers la place Erzsébet : Eric Bana ( d'origine croate, ne l'oublions pas), et son compère nom à trouver traversent cette avenue mythiqueen compagnie d'un sympathique toutou.On reconnaît les magnifiques lampadaires de l'Opéra ainsi que l'entrée principale, en haut à gauche. N'allez pas vous imaginer une seconde que les bus et les voitures sont authentiques : ils ont été ajoutés par les accessoiristes. Seuls les bâtiments (et les lampadaires) sont authentiques.

La face Nord. Pas grand chose à dire. Ah quoique. Il y a un sympathique 24/24 à droite, très pratique si vous avez besoin de cigarettes, de saindoux ou de vin hongrois en pleine nuit. Et au bout de la rue, la Basilique. Qui elle aussi hurle "Mais c'est Budapest, voyons!" dans les oreilles d'un spectateur averti.


L'île Marguerite. Un peu comme filmer une scène devant l'Arc de Triomphe à Paris puis essayer de persuader le public qu'il s'agit de New York. En effet, on devine dans le fond les lumières du Parlement, près de la pile du pont. En général, tôt le matin, vous ne trouverez que très rarement des cadavres d'agents du Mossad sur les bancs de l'île. Plutôt des joggeurs matinaux (une sorte de piste rebondissante fait le tour de l'île, et passe devant ce banc), ou des nageurs s'acheminant vers la piscine de l'île. Où se sont tenus les derniers championnats d'Europe de Natation. A un jet de pierre de ce banc. Et si Budapest est la nouvelle Vérone (rappelons que c'est à Bp. que Laure Manaudou a rencontré son Roméo italien), l'île Marguerite en est le centre névralgique: des bancs publics appelant les amoureux à se bécoter par centaines, une vue imprenable sur le Parlement, le Chateau, de confortables pelouses, en somme, toute l'infrastructure nécessaire.

La Gare de l'Ouest, a.k.a. Nyugati Palyaudvar. (pr: Niougati Paailla-oudvar), construite d'après les plans de Gustave Eiffel. Il ont probablement emprunté le train à la Màv, notre SNCF locale.Derrière les vitres en arrière-plan,on devine le contour d'un centre commercial qui fut, dans les années 80, le centre commercial le plus branché de tous les pays du Pacte de Varsovie. Désormais, c'est du côté nord de la gare, que se trouve le centre commercial le plus insupportable d'Europe (si vous avez vraiment besoin de faire des courses un samedi ou un dimanche, l'adresse est à connaitre, sinon, fuyez cet endroit comme la peste).

Il ne vous reste plus qu'à aller admirer ces endroits par vous même : à Opera, prenez le földalatti (le premier métro du continent*!), descendez à Oktogon : attrapez le tram #6, qui vous déposera un arrêt plus tard devant la Gare. Pour vous mettre au vert sur l'île, deux arrêts de tram à partir de la Gare. Si vous avez envie de siroter un verre de vin au bord du Danube, pensez à prendre un tire-bouchon, les serveurs des quelques bars de l'île n'apprécient guère qu'on empruntent les leurs.

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* de manière amusante, le petit plaisantin qui a composé cet article sur Wikipedia.fr a copié-collé un texte allemand, puis a oublié de le traduire.

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