mardi 3 avril 2007

Igor, Polovtsiens, Coumans, Borodine etc


0 Comms'
Wikipedia me souffle à l'oreille que c'est aujourd'hui l'anniversaire du prince Igor, né le 3 avril 1151. Qu'on ait pu garder trace du jour exact de sa naissance me parait un peu fort de café. Presqu'un millénaire s'est écoulé, sans compter les divers changements de calendriers...

Bah! Va pour le 3 avril : çà fournit un thème rêvé pour une chroniquette du klariscope. Car ici, on aime la littérature et la musique russes.

Igor, né Igor Svyatoslavich, a été un jeune prince sans histoires, prince de Novgorod pendant une vingtaine d'années, à partir de 1180. Honnêtement, il aurait du tomber dans l'oubli. Sauf, sauf pour quelques batailles contre des barbares. Qui en ont fait un héros. Vraiment ? Mouais. A la suite d'une bataille contre les Polovtsiens (les méchants), Igor et ses trois fils (tous aux noms bien russes: Vsevolod, Vladimir et Sviatosvlav), ont été capturés. Que fait alors Papa? Il s'échappe, laissant fiston prisonnier, aux mains des terribles Polovtsiens.

L'imaginaire collectif russe s'enflamme pour ce père indigne et ce piètre chef de bataille : il sera le sujet d'une des premières oeuvres de la littérature russe, Le dit de la Campagne d'Igor, ou Слово о полку Игореве, pour faire chic). Il s'agit du plus ancien manuscrit russe connu, que vous pouvez aller lire dans le texte ici. Mise en garde! Le vieux slavon, c'est incompréhensible. Une meilleure manière de s'initier au vieux slavon serait d'assister à une messe de Pâques à la russe : çà tombe bien, c'est ce week-end. A la cathédrale Alexandre Nevski de la rue Daru. Samedi 7 avril à 23h, Procession, suivi des Matines et de la liturgie. Les filles, pensez à prendre un foulard. Cà vous occupera toute la nuit, votre niveau de slavon se sera bien amélioré, et vous aurez découvert/revu un aspect bien particulier de notre culture russe bien-aimée. Vous pouvez aussi faire bande à part et voir ce qui se passe à l'Eglise Saint-Serge, rue de Crimée.

Revenons à nos moutons : Alexandre Borodine s'attelle à l'étude du russe ancien (en sus d'être chimiste, médecin, compositeur, il était linguiste à ses heures, aah! Sacha...), tombe amoureux de la geste d'Igor et laisse le Prince Igor (l'opéra!) à la postérité. Il s'agit même d'un best of des compositeurs russes : Borodin ayant quitté ce monde en 1887 pour aller composer pour les choeurs des sphères , Glazounov et Rimsky-Korsakov ont fini le job. Vous pouvez aller lire le synopsys ici. Attention, il dévoile des moments-clés de l'intrigue.

Vous êtes toujours avec moi? Découvrons donc un extrait bien connu du prince Igor : les danses polovtsiennes. Traduction surprenante car Polovsty est traduit essentiellement par Coumans, ou Kiptchaks, Polovsty étant le terme russe pour 'fauve'. Certes, les danses kiptchaks, çà sonne moins digne que polovtsiennes.
Quelques youtuberies pour illustrer mon propos : une version avec ballet, (au Théâtre Marinsky, mes loupiots!) ou une version orchestre simple. Et j'ai eu la surprise d'apprendre il y a quelques minutes que Warren G a utilisé des extraits du Prince Igor : youtubons le également..

Bonne journée à tous !

0 Comms':

Enregistrer un commentaire

 

Mentions légales - Copyright © 2007-2012 Le klariscope. Tous droits sur les chroniquettes patati, patata.
RSS Feed. Ce blog est fièrement propulsé par Blogger. La template est signée dzignine d'après le modèle Minima-White