jeudi 15 mars 2007

C'est la fête nationale hongroise !


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Et c'est donc l'occasion de faire un peu de nationalisme : parlons brièvement des hymnes hongrois. Car nous en avons deux.

-l'hymne (ou Himnusz) : les anglais ont leur God Save the Queen (King), les hongrois ont God Bless the Hungarian. Les paroles sont assez inhabituelles car il s'agit plus d'une prière, d'une lamentation, que d'un texte visant à établir une fierté nationale. Il n'est en effet pas vraiment question ici de jour de gloire quelconque, ou de pays des hommes libres, ou de terre des braves, comme chez nos voisins d'outre-atlantique.

Le hongrois est malheureux, et demande à Dieu d'abréger les souffrances de son pays martyr. Il se repentit amèrement des péchés qui ont fait monter la moutarde aux narines divines et ont ainsi provoqué les invasions mongoles !
Arg! Non! Le hongrois ne va pas verser du sang, bien au contraire, il évoque "l'amas sanglant des cadavres de nos armées". Le hongrois a, dans son propre pays, " pour compagnon, douleur et doute, pour horizon, du sang à flots". Et cela continue à l'avenant strophe après strophe : "Ce peuple a largement payé pour les temps passés ou qui viennent..."

Et après ceci, on s'étonne que la chanson la plus suicidaire de l'histoire ait été composée par un Hongrois...cf. infra

Le poème, de Kölcsey a été mis en musique par Erkel, considéré le père de l'opéra hongrois. Son oeuvre la plus connue, à part l'hymne, est sous doute Bank Ban. Qui passe essentiellement à l'Opéra de Budapest. Je ne me rappelle pas qu'il soit passé à Bastille.

- Pour se revigorer un peu, le Hongrois s'est donné un deuxième hymne, le Szozat (l'Appel) ou il est question de rester fidèle à sa patrie. L'auteur est Mihály Vörösmarty, un des plus grands poètes hongrois du XIX. Il ne respire pas non plus la joie et le bonne humeur, car le hongrois y évoque le sol, sur lequel si souvent a été versé le sang de ses ancêtres, ou encore les mille ans de souffrance qui l'ont accablé. Et surtout appelle avec impatience la mort ! Une mort toutefois glorieuse, et des millions viendront se recueillir avec pitié sur la tombe du martyr ! Car il sait que dans ce monde, il n'y a pas de place pour lui.

- Il n'y a "que" deux hymnes, mais un troisième morceau mériterait le titre d'hymne honoraire : Szomoru Vasarnap (Sinistre dimanche), aussi connu sous le surnom affectueux de "Chanson suicidaire hongroise". Cette chanson, composée dans les années 30, a été retirée des ondes (notamment par la BBC) du fait d'une hausse conséquente du taux de suicides aux moments où elle était diffusée.. Billie Holiday a enregistré une splendide version de cette composition de Rezso Seress, qui s'est bien évidemment suicidé quelques temps plus tard. A écouter avec modération. Et surtout pas le dimanche!

Pour compléter ce billet, sachez que la Hongrie a longtemps détenu le record mondial du taux de suicide par habitant: elle est aujourd'hui redescendue à la 6ième place, toutefois elle caracole en tête dans l'Union Européenne (dans cette discipline du moins).

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